NAISSANCE DE LA BANQUE

Le roi Ur-bau (— 2164-— 2144) contrôle la ville d'Ur ; il est le souverain de l'un des petits États de Sumer, celui de Lagash, qui connaît une grande prospérité. Une de ses filles est la grande prêtresse du dieu Nanna et les excédents de récolte, en particulier, sont déjà thésaurisés, sous son contrôle, dans les temples et réinvestis dans la construction de temples, l'achat de lances, de cuirasses... Sur la fin du IIIe millénaire, des dépôts de céréales sont attestés dans les sanctuaires. Les temples sont alors tout-puissants, ils contrôlent les échanges et, peu à peu, se mettent en place des mécanismes bancaires. Sous le règne d'Abisarê (— 1905-— 1895) du pays de Larsa, on rencontre pour la première fois la mention de prêts sacrés. Plus tard, sous le règne de Hammourabi (— 1792-— 1750), se constitue l'éphémère mais glorieux empire de Babylone et le roi attend du clergé qu'il paye les rançons des prisonniers de guerre et qu'il lui accorde des prêts à faible intérêt. Le temple, qui joue ce rôle, est devenu une vraie banque, sous la houlette des prêtresses naditu, considérées elles comme des banquières. Les marchands qui disposent de gros revenus peuvent aussi jouer un rôle similaire sur ordre du souverain. Les principales fonctions que l'on attend d'une banque (dépôts et prêts) sont désormais en place.

—  François REBUFFAT

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Écrit par :

  • : professeur d'histoire et d'archéologie grecques à l'université de Nice

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François REBUFFAT, « NAISSANCE DE LA BANQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/naissance-de-la-banque/