NAGANO (JEUX OLYMPIQUES DE) [1998]Contexte, organisation, bilan

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Du 13 au 16 juin 1991, le C.I.O. tient à Birmingham (Grande-Bretagne) la quatre-vingt-dix-septième session de son histoire, la journée du 15 juin étant consacrée à l'élection de la ville d'accueil des XVIIIes jeux Olympiques d'hiver en 1998. Cinq cités sont candidates : Nagano (Japon), Salt Lake City (États-Unis), Östersund (Suède), Jaca (Espagne) et Aoste (Italie). Cinq tours de scrutin s'avèrent nécessaires : Nagano obtient finalement les Jeux, avec quarante-six voix, contre quarante-deux pour Salt Lake City. La cité des mormons semblait pourtant bien placée, mais, un an plus tôt, le C.I.O. a accordé les Jeux d'été de 1996 à Atlanta, ce qui provoqua une certaine controverse car le choix d'Athènes semblait s'imposer pour les Jeux du centenaire. Il paraît donc difficile de confier une nouvelle fois les Jeux aux États-Unis, ce qui fait sans doute pencher la balance du côté de Nagano, ville de quelque trois cent soixante mille habitants située dans le centre de l'île de Honsh̄u et entourée de massifs montagneux.

Le comité d'organisation (Nagano Olympic Organizing Committee, N.O.O.C.) se met aussitôt en place, Eishiro Saito se voyant nommé président. Le N.O.O.C. définit les grandes lignes du projet, lequel met en avant la protection de l'environnement, la promotion de la paix, les nouvelles technologies et donne par ailleurs une grande place à l'enfance. Les sites des compétitions sont choisis.

Les cérémonies d'ouverture et de clôture se déroulent dans le stade de base-ball de Nagano (cinquante mille places). Quatre enceintes destinées aux sports de glace sont édifiées à Nagano même : le M-Wave (dix mille places), un bâtiment dont la toiture évoque une vague constituée de « M » encastrés, accueille les compétitions de patinage de vitesse ; le White Ring (sept mille places), une enceinte à l'architecture futuriste, est le théâtre des épreuves de patinage artistique et de short-track ; l'Aqua Wing Arena (cinq mille places) et le « Big Hat » (dix mille places) sont dédiés au hockey sur glace.

Le village olympique est implanté dans le district d'Imai, à 7 kilomètres du centre-ville : vingt-trois immeubles (mille trente-deux appartements) sont bâtis sur une superficie de 19 hectares. Nagano associe plusieurs cités proches aux Jeux. Ainsi, Hakuba, une station de sports d'hiver de neuf mille habitants située au nord-ouest de Nagano, au pied des Alpes japonaises, accueille les épreuves de ski de fond, les compétitions alpines de vitesse et le saut à skis, une discipline très populaire au Japon pour laquelle deux magnifiques tremplins sont construits (quarante-cinq mille spectateurs peuvent se passionner pour les concours dans le stade de saut à skis d'Hakuba). L'Allemand Ralf Mende construit sur le mont Izuna une piste de bobsleigh et de luge de 1 360 mètres de longueur pour un dénivelé de 113 mètres. C'est également là que se déroulent les épreuves de ski artistique. La station Shiga Kogen de Yamanouchi, située au nord-est de Nagano à quelque 2 000 mètres d'altitude, accueille les épreuves techniques de ski alpin (slalom et slalom géant) ainsi que le slalom géant de snowboard, sur les pistes d'Higashitateyama et de Yakebitaiyama ; toujours à Yamanouchi, la petite station de Kanbayashi est spécialement aménagée pour la spectaculaire épreuve de half-pipe (snowboard). Le village de Nozawa Onsen, considéré comme le berceau du ski au Japon, est choisi pour le biathlon.

Le Japon dépense sans compter pour réussir les Jeux : le rapport officiel du comité d'organisation indique que le budget des Jeux se monte à 113,9 milliards de yens (environ 5,9 milliards de francs de l'époque [900 millions d'euros]). Celui-ci fait également état d'un équilibre financier, assuré par le marketing olympique, en expansion constante. Ainsi, les droits de retransmission télévisée explosent : ils se situent à 513 millions de dollars (3,1 milliards de francs de l'époque [473 millions d'euros]), contre 239 millions de dollars en 1994, les trois quarts de cette somme étant versés par la chaîne C.B.S., diffuseur exclusif pour les États-Unis. Mais capter l'audience dans le domaine du sport n'est pas une science exacte : en raison des performances en demi-teinte des concurrents américains (l'élimination en quart de finale de l'équipe masculine de hockey sur glace cause une grande déception), C.B.S. enregistre un [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

Classification

Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « NAGANO (JEUX OLYMPIQUES DE) [1998] - Contexte, organisation, bilan », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nagano-jeux-olympiques-de-1998-contexte-organisation-bilan/