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MOTECUZOMA, MOCTEZUMA ou MONTEZUMA II (1466-1520) empereur aztèque (1502-1520)

Devenu roi des Aztèques contre sa volonté, Motecuzoma Xocoyotzin (« Le Plus Jeune ») régna néanmoins de façon très autoritaire. Il organisa l'administration publique de façon nouvelle en nommant surtout des éléments jeunes. Grâce à lui, l'empire atteignit son apogée : les tributs payés par les peuples soumis affluaient, et le trafic commercial s'épanouissait à travers tout le territoire mexicain jusqu'à l'isthme de Panamá. Son autorité, dure et parfois despotique, réduisit les prétentions de la classe des guerriers. Motecuzoma semblait particulièrement sensible aux faits de sorcellerie et de divination. Or, au cours des dix années qui précédèrent l'arrivée des Espagnols, tout le peuple du Mexique constata nombre de présages funestes. Lorsque l'Espagnol Cortés et ses hommes furent repérés, Motecuzoma fut terrifié par le récit des émissaires : « De tous côtés leurs corps sont emmitouflés ; on ne voit paraître que leur visage. Il est blanc, blanc, comme s'il était de chaux. Ils ont les cheveux jaunes [...]. Longue est leur barbe [...]. Ils chevauchent montés sur les flancs de leurs « cerfs ». Ainsi juchés, ils marchent au niveau des toits. » Persuadé que Cortés était le dieu Quetzalcoatl qui revenait, l'empereur lui fit envoyer des offrandes aspergées de sang. Les êtres blancs refusèrent la nourriture avec dégoût. Il semble que le peuple aztèque se divisa à propos de l'origine des étrangers. L'hésitation prit fin lorsque les Espagnols, arrivés en force à Mexico, reçurent de l'or des mains des Indiens : « Pareils à des singes, ils levaient l'or à pleines mains puis on les voyait s'asseoir, frémissant de plaisir. » La ville fut pillée et le peuple massacré. Dans l'esprit des Indiens, nul doute ne subsista. Ils injurièrent Motecuzoma et le tuèrent (1520). La tradition rapporte que, déjà fait prisonnier par Cortés, Motecuzoma fut poussé par celui-ci à paraître à l'un des balcons du palais pour haranguer la foule et qu'il fut tué par une pierre. On ne sut jamais si cette pierre avait été lancée par les Espagnols pour tenter de supprimer le représentant de l'autorité locale ou par les Aztèques eux-mêmes, mécontents de l'attitude de collaboration de leur empereur.

— Anne FARDOULIS

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • AZTÈQUES

    • Écrit par Rosario ACOSTA NIEVA, Alexandra BIAR, Mireille SIMONI
    • 12 577 mots
    • 22 médias
    ...temples, de jardins. L'eau était partout présente, les rues moitié chaussées, moitié canaux. On entrait en barque, jusque dans le palais de l'empereur Moctezuma II. Un grand aqueduc traversait la ville, apportant l'eau potable de Coyoacán. Chaussées et ponts, « permettant à huit cavaliers de passer...
  • CORTÉS HERNÁN ou CORTEZ FERDINAND (1485 env.-1547)

    • Écrit par Jean-Pierre BERTHE
    • 1 714 mots
    • 2 médias
    ...Mais c'est en débarquant sur les plages de Cempoala, le 21 avril 1519, que Cortés donna aux événements l'impulsion décisive. Il y reçut les envoyés de Moctézuma, et se fit une idée plus exacte de la richesse et de la puissance de l'Empire aztèque. Il comprit aussi, en s'alliant avec le cacique totonaque...