JÓKAI MÓR (1825-1905)

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Les « romans turcs »

Ses activités politiques lui valurent beaucoup d'ennuis dans sa vie privée. Il revint au roman et s'affirma comme le meilleur conteur de sa génération. Les récits et nouvelles de cette période sont consacrés, en général, à la guerre d'Indépendance et au renouveau national qui l'avait précédée. C'est à cette époque qu'il écrivit la plupart de ses « romans turcs ». Le meilleur des récits sur la guerre de l'Indépendance est sans doute Forradalmi és csataképek (Scènes de bataille et de révolution, 1850) ; parmi ses romans sur le renouveau, il faut citer Egy magyar nábob (Un nabab hongrois, 1853) suivi de Kárpáthy Zoltán (1854). Les plus intéressants cependant sont les « romans turcs » : Erdély aranykora (L'Âge d'or de Transylvanie, 1852), Török világ Magyarországon (Les Turcs en Hongrie, 1853), ou Janicsárok végnapjai (Le Déclin des janissaires, 1854). L'auteur éprouvait en effet un vif intérêt pour l'Orient, et particulièrement pour ce qui avait trait aux Turcs. C'est un peu de l'esprit des Mille et Une Nuits qui revit dans ces récits pleins de mouvement et hauts en couleur. Les passions les plus farouches, le contraste entre les riches et les pauvres, la puissance précaire des pachas et du sultan, la sombre férocité de l'Orient sont évoqués avec une incomparable virtuosité. Jókai ne considère pas les Turcs en ennemi, il connaît leurs instincts chevaleresques, il ne les rend jamais ridicules. Comme le faisait remarquer H. W. Temperley : « Aucun Occidental n'a su, mieux que Jókai, donner de l'Orient une peinture aussi pénétrante et aussi brillante. » On a dit également des Turcs de Jókai que c'étaient des Hongrois déguisés. Cela est aussi exact que de dire des Grecs de Racine qu'ils sont des courtisans de Louis XIV et des Romains de Shakespeare qu'ils sont des nobles anglais.

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Dans le chapitre « Une pléiade de romanciers »  : […] À cette époque, seuls les romanciers soutiennent la comparaison avec les poètes : ils sont les véritables fondateurs du roman et de la nouvelle en Hongrie et restent encore fort lus aujourd'hui. Cette faveur persistante n'est pas tout à fait imméritée, car personne n'a surpassé, dans les lettres hongroises modernes, les conceptions grandioses, l'imagination fertile et l'invention romanesque du bar […] Lire la suite

Pour citer l’article

Lorant CZIGANY, « JÓKAI MÓR - (1825-1905) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mor-jokai/