PALADINO MIMMO (1948- )

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Peintre et sculpteur, Mimmo Paladino est né à Paduli (Benevento) en 1948. Lorsque, en 1980, il participe à la biennale de Venise, il est aux côtés d'un groupe de jeunes artistes italiens pour lesquels Achile Bonito Oliva invente la notion de trans-avant-garde. Le critique y proclame le retour en force de la peinture, grâce « à une exécution manuelle qui ramène la peinture dans le monde de l'art ». De plus, il préconise l'emprunt de fragments à tous les styles appartenant aux grandes périodes de l'histoire de l'art, à condition qu'elles interviennent dans le tableau de manière signifiante

En 1977, Mimmo Paladino signe une œuvre intitulée Silenziozo, mi ritiro a dipingere (Silencieux, je me retire pour peindre), où la figure de l'artiste apparaît pour la première fois, accompagnée de motifs animaliers et d'objets domestiques. Véritable déclaration d'intention, ce tableau affirme très clairement la quête d'une pratique personnelle, face à l'austérité et au dogmatisme de l'art conceptuel et minimal mais également de l'Arte povera, omniprésents sur la scène italienne et internationale de l'époque. Comme les peintres regroupés autour de la trans-avant-garde, il opte pour la toile, la peinture en tant qu'expression directe de tout langage, la couleur de préférence dans des tonalités méditerranéennes et la licence de citer les œuvres du passé, dans le cadre d'une « culture postmoderne », telle que la prônait Achile Bonito Oliva. Juxtaposant des styles et des images disparates, le plus souvent aux résonances mythiques et symboliques, Paladino affiche ses emprunts qui sont pléthoriques, avec une prédilection pour l'archaïsme, qu'il s'agisse de l'art africain ou byzantin, des peintures rupestres ou de la sculpture romane. Ainsi naissent à partir des années 1980 toute une série de très grands formats dominés par la présence du corps humain en mouvement parfois (Grande-Cabalista, 1981-1982 ; Vento de Matino, 1981), mais le plus souvent statique, saisi dans une position hiératique dont la silhouette peut être à peine ébauchée (Solitario Sole, 1986). Outre la volonté marquée d'affirmer le corps humain comme sujet privilégié d'une œuvre aux larges déploiements figuratifs, l'étrangeté des visages émaciés – évoquant des masques cadavériques impénétrables – qui apparaissent colorés de blanc, avec leurs lèvres closes, le regard le plus souvent volontairement inexpressif, donne aux œuvres de Paladino l'allure de quelque culte mystérieux, voué à l'idée de la mort, dont la croyance se serait perdue. Si l'artiste dit : « Mes peintures ne racontent pas d'histoire [...] seulement des allusions », il ajoute volontiers : « Je déteste l'art [...] vide de mystère. L'art est rituel, il doit poser aux autres d'incessantes questions [...] Tout n'est qu'un continuel déplacement, non vers l'extérieur, mais bien vers l'intérieur ». Combinant toutes sortes de matériaux, il additionne les trouvailles et pousse le mélange des techniques jusqu'à l'extrême. Sculpteur, il travaille le bronze ou la céramique, et reste fidèle à son thème de prédilection, le corps ou la tête d'un homme où se mêlent étroitement « inconscient personnel et universel ». Ses références sont alors l'Égypte ancienne et ses mises en espace ont fait dire à certains qu'il s'agissait là d'une confrontation avec « la maison des morts ».

Si, à partir des années 1990, certaines de ses œuvres conjuguent de manière plus évidente figuration et abstraction, qui s'entremêlent librement grâce à une très grande virtuosité technique qui ne va pas sans un certain maniérisme, Paladino n'abandonne pas pour autant son sujet de prédilection : ses figures humaines hybrides qui tiennent à la fois de l'homme et de la tête de mort (Golem, ou Naso d'Oro, 1991 ; Elmo, 1993) et qui ont fait écrire à Remo Guideri : « ... dans leurs yeux fermés, on pressent cette profondeur qui introduit à la durée des effigies antiques lorsqu'elles attendent des dons oniriques... ».

Mimmo Paladino a illustré L'Iliade et L'Odyssée d’Homère (2001) et Pinocchio de Carlo Collodi (2005). Autour de la figure du chevalier errant, il crée Don Quichotte (2006), une exposition au musée de Capodimonte (Naples), suivie d’un film (Quijote) et d’un livre d'artiste accompagné de poèmes de Giuseppe Conte.

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TRANS-AVANT-GARDE

  • Écrit par 
  • Alain JOUFFROY
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Mouvement artistique international d'après guerre, la trans-avant-garde a été conçue et théorisée, pendant les années 1970, par le critique d'art italien Achille Bonito Oliva, autour d'artistes italiens de cette décennie, comme Marco Bagnoli, Sandro Chia, Francesco Clemente, Enzo Cucchi, Nicola De Maria, Mimmo Paladino et Remo Salvadori. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Maïten BOUISSET, « PALADINO MIMMO (1948- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mimmo-paladino/