MILOSZ OSCAR VLADISLAS DE LUBICZ- (1877-1939)

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Du souvenir à l'initiation

Dans cette âme frileuse et endolorie fermentent en effet des liqueurs plus vigoureuses. C'est d'abord dans un roman, L'Amoureuse Initiation (1910), qu'il confie l'histoire idéale de son destin. Œuvre baroque où se dessine l'itinéraire spirituel de l'homme : de l'ennui de vivre à l'amour de Dieu par l'amour délirant de la créature, du désespoir au salut par l'abjection. L'alliance d'une ironie amère, d'une langue désuète et de la technique moderne du monologue passionnel a un charme réel.

Ensuite, deux pièces de théâtre annoncent l'imminence de la métamorphose : Miguel Mañara (1912) ou la résipiscence de don Juan, Méphiboseth (1914) ou la pénitence du roi David ; un troisième drame, inédit jusqu'en 1971, Saul de Tarse, achève cette « trilogie de la conversion ». Théâtre qu'on baptisa idéaliste ou métaphysique, mais dont la violence rentrée se noue en poésie et joue avec un hiératisme qui ne récuse pas le spectacle (on dirait qu'il est conçu avant l'heure pour l'intimité du petit écran).

Le 14 décembre 1914 a lieu l'illumination extatique, Milosz voit le « soleil spirituel », à l'instar de Swedenborg dont il étudie les œuvres avec ferveur, de même que celles de Paracelse, de Jacob Böhme, de L.-C. de Saint-Martin. Les préoccupations religieuses, nettement marquées par l'ésotérisme, ne le quitteront plus. Ses grands poèmes des années 1914-1918 (Symphonies, Adramandoni, Le Cantique de la Connaissance) expriment les tourments du mystique au seuil de la sérénité, d'une sérénité qui d'ailleurs ne viendra jamais. Les douces voix de l'enfance, les âpres musiques du renoncement, le dialogue du doute et de la certitude y composent cette parole inouïe, aux accents parfois inaudibles, qui est le signe des chefs-d'œuvre.

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Écrit par :

  • : professeur de littérature française moderne et contemporaine à l'université de Paris-VIII-Saint-Denis

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Dans le chapitre «  La littérature »  : […] Dans la grande principauté de Lituanie, qui s'étendait aux xiv e et xv e  siècles de la Baltique à la mer Noire, la langue officielle était le biélorussien, et plus tard le latin. Au xvi e  siècle, l'établissement temporaire du protestantisme et ensuite de la Contre-Réforme ont amené les auteurs d'œuvres religieuses à s'exprimer en langue vernaculaire. À côté d'une poésie populaire, dite de ser […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Jean BELLEMIN-NOEL, « MILOSZ OSCAR VLADISLAS DE LUBICZ- (1877-1939) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/milosz-lubicz/