BACHELET MICHELLE (1951- )

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Présidente du Chili de 2006 à 2010, puis de 2014 à 2018, Michelle Bachelet fut la première femme à diriger le pays et la première présidente élue en Amérique du Sud.

Verónica Michelle Bachelet Jeria est née le 29 septembre 1951 à Santiago du Chili. Elle est la fille d'un général de l'armée de l'air et d'une archéologue. En 1973, lors du coup d'État militaire d'Augusto Pinochet, son père est arrêté et torturé. Il meurt en prison en 1974. Michelle Bachelet, alors étudiante en médecine à l'Université nationale, est arrêtée à son tour, avec sa mère, incarcérée et torturée. Libérée en 1975, elle s'exile en Australie avant de s'installer en République démocratique allemande, où elle s'engage au côté des socialistes. En 1979, Michelle Bachelet rentre au Chili, et termine ses études de médecine.

Bien que la dictature de Pinochet fasse tout pour entraver ses recherches d'emploi, Michelle Bachelet réussit à être embauchée dans une clinique, où elle soigne les victimes de tortures. Quand Augusto Pinochet est contraint de quitter le pouvoir en 1990, elle s'implique dans la vie politique du pays. Michelle Bachelet est nommée conseillère auprès du ministre de la Santé en 1994. Parallèlement, elle étudie la stratégie militaire à l'Académie nationale d'études politiques et stratégiques ainsi qu'au Conseil interaméricain de défense à Washington. Elle est également élue au comité central du Parti socialiste. En 2000, le candidat de la Concertation pour la démocratie (coalition de centre gauche) Ricardo Lagos devient le premier président socialiste du Chili depuis Salvador Allende. Il confie le ministère de la Santé à Michelle Bachelet qui, deux ans plus tard, dirigera le ministère de la Défense.

En 2005, la coalition au pouvoir choisit Michelle Bachelet pour se présenter à l'élection présidentielle. Dans un pays très catholique, Michelle Bachelet parvient à s'imposer alors qu'elle est agnostique et divorcée (avec trois enfants). Arrivée en tête à l'issue du premier tour du scrutin en décembre 2005, elle devance le conservateur Sebastián Piñera lors du second tour, le 15 janvier 2006, et remporte la victoire avec 53,5 p. 100 des suffrages.

Durant son mandat, Michelle Bachelet doit faire face à un mouvement de contestation des étudiants, mécontents du système d'enseignement public, tandis qu'une agitation sociale grandissante s'accompagne de manifestations et d'une grève dans les mines de cuivre. Toutefois, la popularité de la présidente, qui a rapidement chuté, se redresse durant la seconde moitié de son mandat, notamment grâce à sa politique économique. Avec la hausse du cours du cuivre – premier produit d'exportation du Chili –, Michelle Bachelet décide d'épargner ces bénéfices inattendus. Grâce à ces réserves, le pays résiste relativement bien à la crise économique mondiale de 2008. Michelle Bachelet met alors en œuvre une réforme des retraites, des programmes sociaux ainsi qu'un plan destiné à encourager les créations d'emploi. Elle parvient également à faire reculer la pauvreté dans le pays et à améliorer le taux de scolarisation des plus jeunes. Forte de ces succès, elle devient le chef de l'État le plus populaire de l'histoire contemporaine du Chili. En février 2010, alors que le pays est ravagé par un séisme de magnitude 8,8 sur l'échelle de Richter, elle supervise les opérations de secours.

La Constitution chilienne lui interdisant de briguer un second mandat consécutif, Michelle Bachelet est nommée, à la fin de son mandat en 2010, secrétaire générale adjointe de la nouvelle structure des Nations unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes (ONU-Femmes).

Après une parenthèse de quatre ans durant la présidence de Sebastian Piñera (centre droit), Michelle Bachelet est de nouveau élue triomphalement le 15 décembre 2013 (62 p. 100 des suffrages) à la tête de l’État. Son ancienne coalition, la Concertation pour la démocratie, est devenue la Nouvelle Majorité ; elle s’est élargie au Parti communiste, lequel était tenu éloigné du pouvoir depuis la présidence d’Allende en 1970. Michelle Bachelet promet l’adoption d’une nouvelle Constitution, une réforme fiscale, un système d’éducation publique gratuit de qualité, afin de relever le défi des très fortes inégalités sociales dans le pays. Mais alors que ces promesses avaient engendré de grands espoirs, elles ne sont pas suivies d’effets, ce qui sape totalement la popularité de la présidente, confrontée en outre à des scandales de corruption. Elle achève son second mandat avec une popularité très dégradée et quitte le pouvoir, en mars 2018, laissant le poste une nouvelle fois à Sebastian Piñera. En septembre de la même année, elle est nommée Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU.

Michelle Bachelet, 2013

Michelle Bachelet, 2013

photographie

Réélue le 15 décembre 2013 à la présidence du Chili après un intermède de quatre ans, Michelle Bachelet remercie ses partisans tout en réaffirmant sa volonté de réformer en profondeur le système éducatif. 

Crédits : M. Tellez/ Demotix/ Corbis

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Pour citer l’article

« BACHELET MICHELLE (1951- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/michelle-bachelet/