PLATINI MICHEL (1955- )

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Le 26 janvier 2007, Michel Platini est élu président de l'Union européenne de football association (UEFA). À ce poste, il va tenter de freiner l'omnipotence du foot-business, et faire en sorte que ce sport redevienne avant tout un jeu et l'occasion d'une fête, et ne soit plus uniquement une lucrative affaire, dont quelques clubs nantis se partagent les bénéfices. Une tâche autrement ardue que de marquer un des coups francs dont il avait le secret au meilleur des gardiens de but... Après avoir réussi à faire bouger les choses dans nombre de domaines (projet réaliste de fair-play financier, formule plus équitable de la Ligue des champions pour que les fédérations les moins riches puissent être néanmoins représentées, etc.), il a été réélu pour un second mandat en mars 2011.

Plus que tout autre champion, Michel Platini demeure le symbole d'un changement des mentalités dans le football et le sport français durant les années 1980. Alors qu'on avait, plus que les victoires, pris l'habitude de célébrer les défaites romantiques – comme celle des Verts de Saint-Étienne en finale de la Coupe d'Europe face au Bayern Munich en 1976 –, Platini suscita une culture du succès, qui allait devenir la marque de fabrique de ses successeurs.

Michel Platini fut la première star planétaire du sport français, sans pour autant se départir de son goût du jeu et de ses facéties. Il apporta au football français son premier titre majeur – la victoire dans le Championnat d'Europe des nations en 1984 –, lui offrit quelques moments d'émotion qui demeurent gravés dans toutes les mémoires – de Séville en 1982 à Guadalajara en 1986. En s'imposant à la Juventus Turin, il ouvrit une voie dans laquelle allaient s'engouffrer, une décennie plus tard, Zinédine Zidane et les champions du monde de 1998.

Après avoir mis un terme à sa carrière de joueur, Michel Platini a endossé les plus hautes responsabilités dans le domaine du football : sélectionneur de l'équipe de France, coprésident du comité d'organisation de la Coupe du monde 1998 en France, puis président de l'UEFA.

Michel Platini a remporté la Coupe de France (1978), le Championnat de France (1981), le Championnat d'Italie (1984, 1986), la Coupe des coupes (1984), la Coupe d'Europe des clubs champions (1985). Il a disputé 72 matchs avec l'équipe de France, pour laquelle il a inscrit 41 buts – un record qui ne sera battu qu'en octobre 2007 par Thierry Henry.

De Jœuf à Turin

Michel Platini naît le 21 juin 1955 à Jœuf (Meurthe-et-Moselle), dans une famille d'origine italienne. Fils unique, il est un enfant choyé. Son père, Aldo, est un footballeur amateur de bon niveau. Le garçonnet apprend les rudiments du football dans la rue, s'exerce sans relâche dans l'impasse Saint-Exupéry, non loin du Café des sports tenu par son grand-père paternel. Il prend sa première licence en 1966, à l'AS Jœuf. Remarqué à l'occasion d'une Coupe Gambardella par les recruteurs du FC Metz, il se voit convoqué par le club lorrain pour un stage de présélection. Là, le verdict du médecin du club est sans appel : il estime que la capacité respiratoire de Michel Platini est insuffisante... Le FC Metz, à la seule lecture des résultats d'un exercice au spiromètre, vient de passer à côté du plus grand talent de l'histoire du football français ! Michel Platini est finalement recruté en 1972 par l'AS Nancy-Lorraine, club auquel il restera fidèle jusqu'en 1979. Il devient le chef de meute d'une bande de copains, et se forge des amitiés solides, avec Jean-Michel Moutier et Olivier Rouyer notamment. En 1978, un but de Platini en finale de la Coupe de France face à l'OGC Nice offre à Nancy le premier trophée de l'histoire du club.

Le talent de Michel Platini est déjà reconnu – il a failli être élu Ballon d'or (meilleur joueur européen) en 1977, il est devenu le premier sportif à faire de la publicité à la télévision. Les plus grands clubs s'intéressent donc à lui. En dépit d'une offre de l'Inter Milan, Michel Platini pense qu'un départ à l'étranger est prématuré, et il s'engage avec le club français le plus prestigieux de l'époque, l'AS Saint-Étienne. Malgré un titre de champion de France en 1981, son bilan avec les Verts demeure mitigé. En 1982, il signe à la Juventus Turin. Le défi est immense, car le club piémontais compte dans ses rangs plusieurs joueurs qui viennent d'être sacrés champions du monde. En moins d'un an, Platini s'impose comme le maître à [...]

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  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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  • Écrit par 
  • Pierre LAGRUE
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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « PLATINI MICHEL (1955- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-platini/