Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

SNOW MICHAEL (1929-2023)

L’essayiste

La Région centrale marque provisoirement la fin de la progression pyramidale de l'avant-garde filmique nord-américaine dans sa phase purement formaliste. Le cinéma expérimental du Nouveau Continent va entrer dans une période de crises, de tâtonnements, que l'arrivée de la vidéo et des nouvelles technologies (auxquelles l'auteur de Wavelength s'essaiera) va rendre plus manifeste. Snow lui-même en témoigne avec Rameau'sNephew by Diderot (Thanxto Dennis Young) by Wilma Schoen(1974, 270 minutes). Chaque participant (critique, artiste) joue avec son univers culturel. L’œuvre est un rébus à déchiffrer. Ce film marque une rupture avec les précédents travaux de Snow. Il devient un portrait de la nouvelle scène artistique américaine des années 1970, dominée par des créateurs pluridisciplinaires.

La filmographie de l’artiste se teinte d’un humour absent de ses sagas formalistes. Il réalise en 2003, WVLNT (« Wavelength for ThoseWhodon’t Have the Time »), une version condensée de Wavelength destinée aux gens pressés.

Snow continue à analyser et à transcrire, souvent dans des optiques paranarratives, les rapports du son, de l'image, du jeu de mots : Presents(1981), Figures (1986), The Living Room (2000). Quant à So is This (1982), il se compose entièrement de mots et de phrases qui défilent sur l’écran sans aucun rapport avec les théories lettristes : il s’agit d’une démarche plutôt conceptuelle. Snow poursuit également ses recherches dans le domaine de l'installation multimédia et de l'hologramme. Il a continué à donner des récitals. Ainsi, en 2019, avec Musique pour aujourd’hui, il a livré, au Centre George-Pompidou (à Paris), une performance solo au piano.

L’artiste a suscité très tôt des critiques élogieuses dans la presse cinéphile française. L’intérêt croissant des musées d’Art moderne pour le cinéma va dans le sens de sa démarche. Lors de l’avant-première de *Corpus Callosum (2002) au Centre Georges-Pompidou, un curieux effet de miroir s’est produit entre la faune des historiens et conservateurs qui introduisaient la séance et les protagonistes du film.

Michael Snow est revenu, avec Cityscape (2019), son dernier film, au formalisme de ses débuts. Ce court-métrage, en lointain souvenir de La Région centrale, balaie un paysage urbain du centre-ville de Toronto avec une caméra rotative.

Un colloque avec la projection de presque tous ses films s’est déroulé à Paris en novembre 2022 sous l’égide de l’association Cinédoc.

— Raphaël BASSAN

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Michael Snow

Michael Snow

Autres références

  • AKERMAN CHANTAL (1950-2015)

    • Écrit par Raphaël BASSAN
    • 1 445 mots
    • 1 média
    ...séjourne en 1971 aux États-Unis et fréquente assidûment l’Anthology Film Archives de New York ; là, elle découvre le cinéma expérimental de Jonas Mekas et de Michael Snow. Ce dernier influence directement son premier long-métrage, Hôtel Monterey (1972), une description fragmentaire et sans commentaire...
  • CINÉMA (Cinémas parallèles) - Le cinéma d'avant-garde

    • Écrit par Raphaël BASSAN
    • 11 445 mots
    • 3 médias
    ...américain. Par ailleurs, l’apport de deux étrangers, l’Autrichien Peter Kubelka, précurseur du cinéma structurel (Arnulf Rainer, 1959-1960), et le Canadien Michael Snow, un des praticiens les plus connus de cette tendance (Wavelengh, 1967 ; La Région centrale, 1971), viendra enrichir le cinéma expérimental...

Voir aussi