HAYDN MICHAEL (1737-1806)

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Frère cadet de Joseph Haydn, né comme lui à Rohrau, aux confins de l'Autriche et de la Hongrie, Michael le rejoint vers 1745 à la maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne à Vienne, où il reste une dizaine d'années. En 1757, alors que Joseph, sans emploi, mène encore une vie incertaine, Michael est nommé maître de chapelle de l'archevêque de Grosswardein en Hongrie (actuellement Oradea Mare en Roumanie). Peu avant son départ de Vienne, il copie de sa main (5 sept. 1757) la célèbre Missa canonica de Johan Josef Fux, témoignant par là de son goût précoce pour la musique d'église et pour le style sévère. Il passe cinq ans à Grosswardein et y compose un bon nombre de partitions instrumentales et religieuses. En septembre 1762, les deux frères sont à Rohrau pour régler la succession de leur mère. C'est alors que Michael entre dans la chapelle de Sigismund von Schrattenbach, prince-archevêque de Salzbourg : il restera fixé dans cette ville jusqu'à la fin de ses jours. Il est mentionné pour la première fois dans le Hofdiarum du 24 juillet 1763 comme « musicien étranger, de Vienne ». Et, dès le 14 août, il accède aux postes de Hofmusiker et de Konzertmeister (c'est-à-dire de musicien attitré du prince-archevêque et de premier violon dans son orchestre). Le 17 août 1768, il épouse la cantatrice Maria Magdalena Lipp, créatrice l'année suivante du rôle de Rosine dans La Finta semplice de Mozart : mariage heureux, mais assombri par la mort de la fille unique du couple (27 janv. 1771). Il succède à Adlgasser aux orgues de l'église de la Trinité en 1777, à Wolfgang Mozart au poste d'organiste de la cour et de la cathédrale en 1781, à Leopold Mozart pour diverses fonctions enseignantes en 1787. En septembre-octobre 1798, il rend visite à Vienne à son frère Joseph, alors au sommet de sa gloire et qui vient d'achever La Création (que Michael dirigera plus d'une fois à Salzbourg). En septembre-octobre 1801, il se rend une seconde fois à Vienne, où il remet à l'impératrice sa récente Theresienmesse, et de là à Eisenstadt, où il retrouve Joseph et se voit offrir, par le prince Esterházy, un poste de vice-maître de chapelle pour seconder Joseph vieillissant. Mais il le refuse définitivement au début de 1803, préférant ne pas quitter Salzbourg, où il meurt en laissant inachevé son second Requiem.

Grand musicien, Michael Haydn ne le cède sans doute, en son temps, qu'à son frère et à Mozart. Cultivé, il s'intéressa aux classiques latins, aux sciences naturelles, à la météorologie. Il reste surtout célèbre comme compositeur religieux, mais sa musique orchestrale et sa musique de chambre sont très souvent de toute beauté, avec en particulier (par-delà de stupéfiantes ressemblances avec un certain Mozart — celui des années 1770 surtout) un caractère sensuel très marqué. Il y a chez lui une indéniable ivresse mélodique et sonore qui n'a pu que captiver le futur auteur de Così fan tutte. Il évolua certes moins que son frère et que Mozart, mais on peut à son sujet prononcer le mot de génie. Plusieurs de ses œuvres (il se refusa toujours à les faire éditer) furent faussement attribuées à Joseph, et sa Symphonie en sol majeur de 1783 passa longtemps pour la 37e (K 444) de Mozart, qui n'en écrivit que l'introduction lente. On lui doit notamment une cinquantaine de symphonies (la dernière du 26 juill. 1789) ; des musiques de scène comme celle pour Zaïre de Voltaire (1777) ; des sérénades et divertissements ; l'opéra Andromeda e Perseo (1787) ; l'oratorio Le Pécheur repentant (Der büssende Sünder, 1771), seconde partie d'une trilogie en collaboration avec Adlgasser et Krinner ; les pastorales Rebecca fiancée (Rebekka als Braut, 1768) et Les Noces sur l'Alpe (Die Hochzeit auf der Alm, 1768) ; de la musique de chambre dont, en 1773, deux quintettes à cordes qui ne manquèrent pas, celui en sol surtout, d'inspirer Mozart jusque dans ses œuvres du même genre de 1787 ; des chœurs d'hommes sans accompagnement, reconnus comme les premiers du genre (à partir de 1788) ; une trentaine de messes (la Leopoldmesse du 22 décembre 1805 est sa dernière partition achevée) et d'innombrables ouvrages religieux allemands ou latins, écrits soit en style concertant, soit en style ancien a cappella. On retrouve des traces de son [...]

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Marc VIGNAL, « HAYDN MICHAEL - (1737-1806) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/michael-haydn/