Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

MEDEF (Mouvement des entreprises de France), ex-CNPF

Un partenaire social

En 1996, Jean Gandois se heurtera au même refus des fédérations mais lancera un travail de réflexion interne, connu sous le nom de « commission Scherrer », dans lequel Ernest-Antoine Seillière puisera de manière sélective pour élaborer le projet de réforme sur lequel il est élu en 1997. Laissant prudemment de côté la question de l'adhésion directe des entreprises aux unions locales, il fera néanmoins adopter une réforme du financement de la confédération qui réduit sa dépendance à l'égard des branches de l'industrie. Surtout, il reprendra à son compte l'idée centrale du rapport Scherrer : pour retrouver une réelle légitimité aux yeux des entreprises, l'organisation patronale doit renoncer aux « formes artificielles de légitimité » que constituent ses prérogatives légales en matière de négociation et de gestion paritaire, et développer un « leadership d'influence ». Cette reformulation de la stratégie de l'organisation est également d'un grand intérêt tactique : se détourner de la sphère du social pour investir l'espace public permet de dépasser les conflits récurrents sur la répartition interne des pouvoirs ; cela donne au Medef une capacité d'initiative propre, qui n'enfreint pas les champs d'action de ses organisations professionnelles, et qui justifie en outre le renforcement de l'appareil confédéral, en particulier sur le plan territorial.

Adoptés en 1998, les statuts de la nouvelle organisation témoignent clairement de ce changement de hiérarchie des priorités. Parmi les sept missions que le Medef se donne dans l'article 1er de ses statuts, les cinq premières concernent directement ses actions de lobbying et d'intervention dans le débat public (« définir et faire connaître le point de vue des entrepreneurs », « promouvoir l'esprit d'entreprise », etc.). Seuls les deux derniers points se réfèrent au rôle traditionnel d'acteur du dialogue social, mais en spécifiant des options nettes : priorité à la négociation collective décentralisée (le Medef doit « contribuer à un dialogue social constructif dans les entreprises et leurs organisations professionnelles ») et à la réforme des modes de gestion paritaires du social (il doit « œuvrer à l'adaptation des différents systèmes de protection sociale aux évolutions économiques et démographique »).

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : docteur en science politique, chargé de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques (U.M.R. Pacte, Institut d'études politiques, Grenoble)

Classification

Pour citer cet article

Olivier MÉRIAUX. MEDEF (Mouvement des entreprises de France), ex-CNPF [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • CHARTE DE L'ENVIRONNEMENT

    • Écrit par Thierry LIBAERT
    • 2 516 mots
    • 1 média
    ...effets pervers, susceptibles d'avoir des conséquences désastreuses sur les progrès futurs de notre bien-être, de notre santé et de notre environnement. » Le Medef, quant à lui, a organisé une conférence de presse le 13 janvier 2004 pour exprimer sa crainte que l'application du principe ne pousse à « ne plus...
  • FRANCE - L'année politique 2001

    • Écrit par Nicolas TENZER
    • 3 478 mots
    • 4 médias
    ...protestation, qui peuvent être relayés par des associations et non plus seulement par des partis et par des syndicats, perturbent le jeu politique traditionnel. Dans ce cadre-là, le patronat entend naturellement être un acteur à part entière : les projets de « refondation sociale » du Medef, qui l'ont...

Voir aussi