ROUVIER MAURICE (1842-1911)

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Né à Aix, Rouvier travaille pendant sa jeunesse dans la branche marseillaise de la banque grecque Zafiropoulos et y acquiert une excellente formation financière. Élu député en 1871, il appartient aussitôt à l'équipe qui entoure Gambetta au journal La République française ; il se prépare ainsi à devenir, dix ans plus tard, un des jeunes ministres du cabinet Gambetta avec le portefeuille du commerce. En 1887, il est appelé à son tour à former le gouvernement : si les radicaux lui reprochent de s'être assuré la neutralité bienveillante de la droite — il est l'un des chefs de file des opportunistes —, il montre de la fermeté devant le développement de la campagne boulangiste contre le régime. Avec efficacité, il gère plusieurs années le ministère des Finances ; mais, en 1892, le scandale de Panama l'atteint directement. Rouvier, qui ne cache pas ses étroites liaisons avec le monde des affaires, est particulièrement mis en cause et accusé de corruption. Il fait front avec une vigueur brutale, reconnaissant que, pour lutter contre le boulangisme, il a utilisé les subventions des financiers pour compléter des fonds secrets insuffisants et proclamant que tout gouvernement, soucieux d'assumer ses responsabilités, aurait fait de même. Il doit donner sa démission, mais obtient bientôt un non-lieu. Il se consacre alors à la fondation d'une banque d'affaires, puis retrouve, en 1902, le portefeuille des Finances dans le cabinet Combes, où sa présence rassure les milieux financiers. Il redevient président du Conseil à la chute de Combes, n'intervient guère dans le vote définitif de la loi de Séparation, mais prend la décision impopulaire d'écarter Delcassé des Affaires étrangères pendant la crise de Tanger en 1905 : il cède à la pression allemande et, aussi attaché dans le fond à la défense des intérêts français, il souhaite une attitude plus souple dans la forme.

—  Pierre BARRAL

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TROISIÈME RÉPUBLIQUE

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  • Louis GIRARD
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Dans le chapitre « Agitation sociale et alertes extérieures (1905-1912) »  : […] Rouvier, successeur de Combes, mena à bien la séparation de l' Église et de l'État avec le concours d'un député élu en 1902, Aristide Briand, transfuge du syndicalisme révolutionnaire. Les cultes étaient libres, mais l'État les ignorait. Le pape Pie X ayant interdit la formation d'associations cultuelles, le clergé ne reçut pas les biens d'Église […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/troisieme-republique/#i_40768

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Pierre BARRAL, « ROUVIER MAURICE - (1842-1911) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-rouvier/