HENRY MAURICE (1907-1984)

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Le meilleur propagateur de l'esprit surréaliste par voie de presse fut sans doute Maurice Henry. André Breton n'a-t-il pas écrit, en 1946 : « L'idée-image surréaliste, dans toute sa fraîcheur originelle, pour moi continue à se découvrir en Maurice Henry chaque fois qu'un matin encore mal éveillé m'apporte la primeur d'un de ses dessins dans le journal. »

Les désastres de la Grande Guerre, avec leurs aspects insolites, prirent un caractère onirique pour cet enfant né en 1907, à Cambrai, ville particulièrement meurtrie par les affrontements. D'autant plus qu'il avait été considéré comme cliniquement mort à sa naissance et qu'il n'avait pas fallu moins de deux heures de soins pour le forcer à vivre. Sans doute était-il nécessaire d'additionner un désastre personnel et un désastre collectif pour donner naissance à un humoriste... noir.

De sa ville natale, il suit attentivement les événements parisiens, en particulier ceux qui ont un caractère subversif. Il lit La Révolution surréaliste. Il entreprend seul des essais d'écriture et de dessin automatiques (par exemple L'Adorable Cauchemar, écrit en 1927 mais publié seulement en 1983 en Belgique). Un de ses anciens condisciples, parti pour Paris pour y poursuivre ses études, le met en rapport avec Roger Vailland qui, à son tour, lui fait connaître Roger-Gilbert Lecomte et René Daumal, fascinés eux aussi par le surréalisme. Ainsi devait naître le groupe du Grand Jeu. C'est un texte de lui,Le Discours du révolté, qui, à la suite de l'avant-propos, ouvre le premier numéro de la revue dans lequel il publie, en outre, plusieurs dessins.

Après la dispersion du Grand Jeu, en 1933, il adhère au groupe surréaliste. Il commence une double carrière de journaliste, en tant que reporter et en tant que dessinateur. Son travail le met en présence d'événements tragiques qui réactivent en lui la hantise de la mort. De toute évidence, le dessin humoristique sera pour lui une façon de conjurer cette remise en question permanente de son existence. Il introduit les thèmes de la mort et du somnambulisme dans un

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MAURICE HENRY, LA RÉVOLTE, LE RÊVE ET LE RIRE (N. Feuerhahn)

  • Écrit par 
  • Milovan STANIC
  •  • 1 090 mots

Maurice Henry (1907-1984), authentique précurseur de l'humour nouveau qui se dessine à l'horizon avant la Seconde Guerre mondiale, fut peintre à ses heures ; il a également travaillé comme journaliste et critique d'art et de cinéma, il a illustré de nombreux ouvrages et inventé des objets surréalistes, écrit des poèmes et des scénarios, réalisé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-henry-la-revolte-le-reve-et-le-rire/#i_80293

Pour citer l’article

Marc THIVOLET, « HENRY MAURICE - (1907-1984) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-henry/