BELLONTE MAURICE (1896-1984)

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Né à Méru (Oise) le 25 octobre 1896, Maurice Bellonte, dont le père est ingénieur mécanicien, fréquente le collège de Falaise, mais, dès 1910, à quatorze ans, il choisit la vie active : il entre comme apprenti magasinier chez le motoriste Alexandre Anzani. Il travaille le soir pour se perfectionner, et le voici, en 1913, ajusteur chez Hispano-Suiza. Ajourné en 1915 pour raison de santé, il réussit à se faire incorporer, le 4 septembre 1917, au 1er régiment d'aviation de Dijon avant d'être affecté sur le front, le 11 avril 1918, à l'escadrille Br 213 du capitaine Pierrot dont les Breguet 14 sont marqués à l'insigne du goéland. Il sert comme mitrailleur au cours de nombreux réglages d'artillerie, puis il est affecté, le 16 mars 1919, à la Br 2, au Maroc, où il commence à piloter.

Démobilisé, il retrouve son poste chez Hispano, puis entre à la Compagnie franco-colombienne qui fabrique des aéroglisseurs. C'est alors que commence sa carrière d'aviateur à la Compagnie des messageries aériennes (C.M.A.) comme mécanicien au sol. Ses qualités sont très vite appréciées, ainsi que ses initiatives, et le voici mécanicien navigant sur Paris-Londres. Plus d'une fois, il « sort en vol », c'est-à-dire qu'il quitte la cabine, marche sur les plans glissants du Farman « Goliath » et va réparer un moteur.

En 1923, la C.M.A. devient Air Union. Elle vient d'engager un nouveau pilote, Dieudonné Costes, dont le premier voyage s'effectue en compagnie du mécanicien Bellonte. D'un commun accord, le pilote et le mécanicien demandent à faire équipage, ce qui leur est accordé. Après de nombreuses heures de vol ensemble, Costes quitte Air Union pour être pilote d'essai chez Breguet. Bellonte ne tarde pas à le rejoindre. Il est maintenant radio et navigateur. Ensemble, ils vont travailler à la mise au point du Breguet 19 « Grand Raid » ou Super Bidon avec lequel ils vont se distinguer. C'est d'abord, les 13 et 14 juillet 1929, une tentative Paris-New York au cours de laquelle l'équipage a la sagesse de faire demi-tour. C'est ensuite le Paris-Tsitsihar (en Mandchourie), 7 905 kilomètres, du 27 au 29 septembre 1929, qui ravit aux Italiens le record du monde de distance. C'est enfin l'exploit légendaire, les 1er et 2 septembre 1930, avec le même Breguet muni d'un moteur Hispano-Suiza de 650 chevaux et baptisé Point-d'interrogation : le Paris-New York, l'Atlantique d'est en ouest, « cinq fois plus difficile que dans l'autre sens », précise l'amiral R. E. Byrd.

Dieudonné Costes et Maurice Bellonte

Photographie : Dieudonné Costes et Maurice Bellonte

Associés dans plusieurs tentatives et records depuis leur rencontre en 1923, Dieudonné Costes (à droite) et Maurice Bellonte – photographiés ici en avril 1930 – réussissent les 1er et 2 septembre 1930 la traversée sans escale de l'Atlantique nord d'est en ouest. Ils réalisent... 

Crédits : Keystone-France/ Gamma-Keystone/ Getty Images

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Au cours de ces raids, sachant prendre des risques calculés, Maurice Bellonte a fait preuve des plus belles qualités de courage, de sang-froid et d'endurance, et, bien souvent, il a remplacé Costes aux commandes pour tenir le cap.

Ayant divorcé de l'Irlandaise Doris, qui lui avait donné une petite fille, Jacqueline, il épouse en 1932 Raymonde Lafon, qui restera jusqu'à la fin sa fidèle compagne et qui mourra peu de temps avant lui.

La Seconde Guerre mondiale éclate alors qu'il est ingénieur chez Hispano. Dès novembre 1941, il adhère au mouvement Combat. En février 1943, il est chef du 3e bureau de l'Armée secrète des Pyrénées-Orientales. Le 4 juillet 1944, il est blessé et arrêté par la Gestapo. Incarcéré à la citadelle de Perpignan, il est libéré de justesse et reprend le combat avec les F.F.I. En 1949, il vient, avec simplicité et dignité, témoigner au procès de Dieudonné Costes, qui sera acquitté.

Spécialiste des questions de sécurité, chargé des enquêtes après les accidents, Maurice Bellonte termine sa carrière avec 7 000 heures de vol comme inspecteur général de l'Aviation civile. En 1976, il reçoit le grand prix littéraire de l'Aéro-Club de France pour son livre Le Premier Paris-New York. Membre de l'académie nationale de l'Air et de l'Espace, grand officier de la Légion d'honneur, Maurice Bellonte s'est éteint à Paris le 14 janvier 1984.

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  • : membre fondateur de l'Académie nationale de l'air et de l'espace, historien

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  • Écrit par 
  • Bernard MARCK
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Pour citer l’article

Edmond PETIT, « BELLONTE MAURICE - (1896-1984) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-bellonte/