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PALLOTTINO MASSIMO (1909-1995)

L'historien et archéologue italien Massimo Pallottino est né à Rome le 9 novembre 1909. Ses études auprès de Giulio Quirino Giglioli, archéologue « classique » et spécialiste de l'Étrurie et sa rencontre avec le linguiste Alfredo Trombetti déterminent très tôt son intérêt pour la civilisation étrusque et la protohistoire italienne, ainsi que pour l'étude d'une langue considérée trop souvent comme un passe-temps de dilettante. Ses premiers articles portent sur la langue étrusque, et sa thèse, soutenue en 1931, a pour sujet l'archéologie et l'histoire de Tarquinia.

Mais l'activité du savant dépasse de loin les limites de l'étruscologie et de l'épigraphie. Sa bibliographie, riche de plusieurs centaines de titres, dit bien l'ampleur de ses intérêts et de ses recherches, centrés sur quelques thèmes majeurs : celui de la formation des grandes cités de l'Italie préromaine, celui des contacts entre cultures diverses et plus particulièrement entre mondes grec, étrusque, phénicien ou punique, celui enfin des origines de Rome.

Massimo Pallottino débute sa carrière comme inspecteur auprès de la surintendance pour les Antiquités de Rome. Il assume en 1937 la direction du Musée national de la villa Giulia et fouille dès 1939 à Véies. Mais son nom restera surtout attaché à celui du site de Pyrgi, le port de Cerveteri, l'antique Caere, où il fouille à partir de 1957, et où la découverte, en 1964, de lamelles d'or portant des inscriptions marque pour l'archéologie méditerranéenne une date importante. Ces lamelles présentent en effet le texte, en étrusque et en punique, d'une dédicace faite par le « roi » de Cerveteri, Thefarie Velianas, à la déesse étrusque Uni, identifiée à la déesse phénicienne Astarté. Elles constituent un témoignage majeur et de première main des liens qui unissent l'Étrurie à Carthage.

Massimo Pallottino privilégie dans l'analyse des œuvres leur signification historique et revendique pour l'archéologue – pourvu que celui-ci cherche à comprendre, par-delà la qualité ou la modestie des témoignages, l'homme et la société qui en sont l'origine – le titre même d'historien (Che cos'è l'archeologia, 1963). Soucieux d'échapper aux schémas d'interprétation, il opte pour un champ de réflexion large et pour une approche globale.

Dans un monde qui regarde surtout vers la Grèce et vers Rome, il se situe dans la lignée de Giuseppe Micali (L'Italia avanti il dominio di Roma, 1810). Il propose dans Civiltàartisticaetrusco-italica (1970), puis surtout dans Storiadella prima Italia (1984), celui d’une histoire de l’Italie avant Rome. ll contribue ainsi à renouveler largement l'image traditionnelle de l’Italie antique.

Dans son dernier ouvrage, Origini e storiaprimitiva di Roma (1993), il exploite toutes les données, matérielles, épigraphiques et littéraires, pour faire la part de l'imaginaire et du vraisemblable dans les récits des premiers temps de Rome et donner de la ville un tableau vivant qui confirme aussi bien la réalité historique de la dynastie des Tarquins que celle du fondateur légendaire de la république, Publius Valerius Publicola.

Massimo Pallottino savait d'une manière générale, et pour mieux les résoudre, poser les problèmes anciens en termes neufs. Aux vieilles théories nées dans l'Antiquité même sur l'origine des Étrusques, leur caractère autochtone, leur provenance orientale ou septentrionale, il substitua (L'Origine degliEtruschi, 1947) la notion plus subtile de formation, qui suppose, dans la genèse du peuple étrusque comme, plus tard, dans celle des grandes nations européennes, l'intervention de composantes ethniques et culturelles diverses.

À une vision monolithique et réductrice de l'Étrurie, il opposa celle d'une Étrurie des cités,[...]

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Encyclopædia Universalis et Françoise GAULTIER. PALLOTTINO MASSIMO (1909-1995) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 15/03/2024