JANSONS MARISS (1943-2019)

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Mariss Jansons naît à Riga le 14 janvier 1943 dans une famille juive meurtrie par les persécutions raciales. La Lettonie est alors occupée par les troupes allemandes, avant d’être annexée par l’URSS en 1944. Le pays n’obtiendra son indépendance qu’en 1991. La mère de Mariss Jansons, Iraida, est cantatrice et son père Arvid, violoniste puis chef d’orchestre remarqué par Evgeni Mravinski, fait une brillante carrière à Riga, Leningrad, où il officie comme chef permanent de l’orchestre symphonique, et Manchester, où il dirige le Hallé Orchestra. L’enfant est inscrit au conservatoire de Leningrad où il étudie le violon, l’alto, le piano et la direction d’orchestre (1957-1969). Il va se perfectionner dans cette dernière discipline à Vienne auprès de Hans Swarowsky et à Salzbourg avec Herbert von Karajan. En 1971, à Berlin, il remporte le deuxième prix du concours Herbert von Karajan. Le chef autrichien, qui souhaitait l’appeler à ses côtés, se heurte alors au refus des autorités soviétiques. Mariss Jansons devient l’assistant d’Evgeni Mravinski à l’Orchestre philharmonique de Leningrad. De 1971 à 1999, premier chef invité de cette formation, rebaptisée en 1991 Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg, il enseigne pendant la même période au conservatoire de la ville. À la tête de l’Orchestre symphonique d’Oslo (1979-2002), il permet à cet ensemble de rivaliser avec ses plus brillants concurrents européens. Parallèlement, il dirige, de 1996 à 2004, l’Orchestre symphonique de Pittsburgh (États-Unis). Il est le directeur musical de l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise (2003-2016) et de l’Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam (2004-2015). Cette personnalité discrète n’aime guère s’exposer dans les médias. Chef d’orchestre à la fois sobre et précis, chaleureux et charismatique, il est plébiscité par les musiciens auxquels il accorde volontiers une inhabituelle liberté d’expression. Les formations internationales les plus prestigieuses – les orchestres symphoniques de Chicago, de Cleveland, l’Orchestre philharmonique de Berlin, les orchestres symphonique et philharmonique de Londres – se l’arrachent. L’Orchestre philharmonique de Vienne le choisit pour conduire à trois reprises – en 2006, 2012 et 2016 – le célèbre concert du Nouvel An. Mais, souffrant depuis de nombreuses années d’une sérieuse maladie cardiaque – elle faillit l’emporter en 1996 alors qu’il dirigeait La Bohème de Puccini à Oslo – il doit ralentir ses activités. Il meurt à Saint-Pétersbourg le 30 novembre 2019.

Mariss Jansons évolue dans un vaste univers musical qui s’étend de Haydn aux partitions du début du xxie siècle. On lui doit plusieurs créations : Rapture (2000) de Christopher Rouse, Prayer Bells d'Augusta Read Thomas (2001), Time Machine de Michael Daugherty (2003), Sebastian im Traum de Hans Werner Henze (2005), Con brio de Jörg Widmann (2008), Maniai de Johannes Maria Staud (2012), Mysteriën de Louis Andriessen (2013) et, de Rodion Chtchedrine, Lolita-serenade (2001), Dialogues avec Chostakovitch (2002), Beethovens Heiligenstädter Testament (2008) ainsi que Vivat ! (2008). Très exigeant dans le choix de ses partenaires pour les concertos – Truls Mørk, Nikolaj Znaider, Frank-Peter Zimmermann, Leif Ove Andsnes ou encore Mikhail Rudy –, il laisse une vaste discographie où dominent les traditions germanique et slave. À côté de remarquables enregistrements dédiés à Mahler, Richard Strauss, Dvořák, Prokofiev, Stravinski, Bartók ou Sibelius, on compte de belles intégrales symphoniques consacrées à Beethoven, Brahms, Bruckner, Tchaïkovski et Rachmaninov. Son intégrale de l’œuvre orchestrale de Chostakovitch fait figure de référence.

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Pierre BRETON, « JANSONS MARISS (1943-2019)  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mariss-jansons/