ALAIN MARIE-CLAIRE (1926-2013)

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La haute stature de Marie-Claire Alain domine de très loin le paysage de l'orgue français de la seconde moitié du xxe siècle. Le rayonnement de l'enseignante et le renom de l'interprète ont largement débordé nos frontières pour s'étendre dans le monde entier.

Marie-Claire Alain

Photographie : Marie-Claire Alain

L'organiste française Marie-Claire Alain fut la plus grande interprète du répertoire de son père et de son frère, Albert et Jehan Alain. 

Crédits : Jacques Sarrat/ Sygma/ Getty Images

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Marie-Claire Alain naît à Saint-Germain-en-Laye le 10 août 1926, dans un milieu très ouvert à la musique. Son père, Albert Alain, s'est fait un nom comme organiste et compositeur et s'essaie à la facture d'orgue en amateur. Son frère aîné, Jehan, marchera sur les traces paternelles et laissera une œuvre courte mais passionnante, essentiellement destinée à l'orgue, avant de tomber au combat au début de la Seconde Guerre mondiale. Sa sœur, Marie-Odile, dotée d'une belle voix de soprano, pratiquera le piano et l'orgue avant de mourir prématurément dans un accident. Un autre frère, Olivier, sera à la fois pianiste, musicologue et compositeur. La jeune Marie-Claire reçoit donc au sein de sa famille une première formation musicale qui lui permet, dès l'âge de onze ans, de remplacer son père à la tribune de l'église Saint-Germain de sa ville natale. À la mort de ce dernier, elle sera titulaire du même instrument. Elle mène au Conservatoire de Paris – avec Maurice Duruflé (harmonie), Marcel Dupré (orgue) et Simone Plé-Caussade (fugue et contrepoint) – de brillantes études couronnées par cinq premiers prix (orgue, harmonie, contrepoint, fugue et improvisation). Elle achève de se perfectionner auprès d'André Marchal et de Gaston Litaize, puis remporte en 1950 le deuxième prix (premier prix non décerné) du concours international de Genève. Commence alors une carrière qui s'étendra sur plus de soixante ans et l'amènera à donner sur toute la planète près de deux mille cinq cents concerts.

Marie-Claire Alain devient rapidement un professeur très recherché. Aux Pays-Bas, elle anime l'académie d'été de Haarlem de 1956 à 1972, et y reviendra ponctuellement les années suivantes. Elle enseigne ensuite aux conservatoires régionaux de Rueil-Malmaison de 1978 à 1994, puis de Paris de 1994 à 2000. En France, elle crée et dirige l'académie d'été de Saint-Donat-sur-l'Herbasse (Drôme) de 1977 à 1991. L'académie de Romainmôtier (Suisse), où est installé l'orgue de salon de la famille Alain, en fait son invitée permanente de 1991 à 2009. Marie-Claire Alain donne par ailleurs des cours dans de très nombreux conservatoires européens, nord-américains – elle reçoit le titre de docteur honoris causa de la Colorado State University et de la Southern Methodist University (Dallas) – et asiatiques – notamment au Japon. Surnommée outre-Atlantique la « First Lady of the organ », elle forme ainsi un très grand nombre d'élèves, parmi lesquels il convient de citer Margaret Philips, Daniel Roth, Thomas Trotter ou encore Vincent Warnier.

Marie-Claire Alain suit de près la rénovation des orgues anciennes. Elle fait partie de la commission des orgues non protégées de 1970 à 2009, et de la Commission supérieure des monuments historiques pour les orgues de 1966 à 1984, puis de 1998 à 2006. Elle dirige en outre la reconstitution, en 1975, de l'orgue de la Sainte-Chapelle du château des ducs de Savoie, à Chambéry, et celle du grand orgue de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges, en 1977.

Unanimement appréciée pour la clarté de son jeu, la pertinence de ses registrations, l'intelligence de ses doigtés et l'adéquation des instruments retenus, Marie-Claire Alain a produit, essentiellement pour le label Erato, une immense discographie saluée par de nombreux prix en France et à l'étranger, reflet d'un très vaste répertoire qu'elle jouait de mémoire. Ce legs est dominé par un triple enregistrement intégral de l'œuvre pour orgue de Jean-Sébastien Bach. Un premier cycle, entamé en 1959, est achevé en 1967. La musicienne entreprend, de 1978 à 1980, une deuxième version qui ouvre son classicisme aux découvertes baroques. Une dernière intégrale, gravée de 1985 à 1993, établit, sur instruments anciens, un bilan final enrichi à la fois des avancées de la musicologie et de l'expérience de toute une vie. La passion de Marie-Claire Alain pour l'orgue classique couvre tout autant le baroque français – François Couperin [...]

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Pierre BRETON, « ALAIN MARIE-CLAIRE - (1926-2013) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-claire-alain/