ZELLER MARIE-ANDRÉ (1898-1979)

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Marie-André Zeller est né le 1er janvier 1898, à Besançon, d'une famille d'ingénieurs et d'officiers. En 1915, à dix-sept ans, il s'engage dans l'artillerie comme simple soldat. À la fin de la guerre, il commande une batterie.

Officier dans ce qu'on appelait alors « les armes savantes », il poursuit sa carrière dans l'artillerie. Technicien et organisateur, il devient, à la veille de la dernière guerre, un des meilleurs spécialistes militaires des chemins de fer. Ainsi est-il, le 10 mai 1940, le chef de la mission des transports en Belgique. En mai 1942, il est commissaire militaire du réseau algérien et du réseau Méditerranée-Niger.

Lieutenant-colonel en septembre de la même année, il est, à la veille du débarquement allié du 8 novembre 1942 en Afrique du Nord, chef d'état-major de la division d'Alger.

L'année suivante, il est sous-chef de l'état-major du général Alphonse Juin, commandant du corps expéditionnaire français en Italie. Il participera en 1944 au débarquement de Provence et à la campagne d'Alsace, dans sa spécialité d'origine : l'artillerie.

Juin et Theodore Roosevelt Jr

Photographie : Juin et Theodore Roosevelt Jr

Les généraux français Alphonse Juin (à droite, 1888-1967) et américain Theodore Roosevelt Jr étudiant une carte, en 1944 en Italie. 

Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Il se retrouve peu avant la fin de la guerre directeur de cette arme à l'état-major. Devenu successivement général de brigade en 1946, commandant en second de l'École supérieure de guerre en 1948, inspecteur des forces terrestres antiaériennes en 1949, inspecteur de l'artillerie en 1950, puis commandant de la IIe région militaire à Rennes en 1951, il accède, en 1955, un an après le début de la guerre d'Algérie, au poste de chef d'état-major de l'armée de terre.

Le général Zeller, ferme partisan de l'intégrité territoriale de la France dont l'Algérie constitue, à ses yeux, une part indivise, n'en trouve pas moins inutile et dangereux de « casser » les grandes unités, réalisées à grands frais pour le théâtre d'opérations européen, pour envoyer outre-Méditerranée des effectifs plus onéreux qu'efficaces.

Jugeant impossible d'assister, impuissant, à la destruction d'un équilibre en hommes et en moyens réalisé non sans difficultés, le général Zeller, qui occupait depuis janvier 1956, outre ses fonctions de chef d'état-major, celles d'inspecteur général, donne sa démission le 26 février 1956.

Il entre à la Société de développement régional du Sud-Est et devient, dans la presse, le porte-parole du mécontentement dans l'armée. Champion de l'Algérie française, il critique sévèrement, dans l'hebdomadaire Carrefour, la politique militaire des divers gouvernements.

Il n'a jamais été gaulliste. Mais de Gaulle, à son arrivée au pouvoir en 1958, lui confie à nouveau le poste de chef d'état-major de l'armée de terre : son prestige est grand parmi les cadres. André Zeller fait de son état-major une sorte de bastion de l'Algérie française. Le chef de l'État ne l'en maintient pas moins à son poste, au-delà de la limite d'âge, à deux reprises.

Lorsque le général Zeller prend enfin sa retraite, en 1959, il fait de sa tournée d'adieux une suite de manifestations en faveur de l'Algérie française. Puis il reprend sa plume et son opposition dans la presse. Mais, cette fois, il ne limite pas là son action.

Ne s'estimant pas en mesure de prendre personnellement la tête d'un mouvement militaire, et en accord avec le général Edmond Jouhaud, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Marie-André Zeller réussit à convaincre le général d'armée aérienne Maurice Challe, ancien commandant en chef en Algérie qui a quitté l'uniforme, de prendre la tête de l'opération.

Tous deux prennent place clandestinement dans un avion militaire de la base de Creil, le 20 avril 1961, en compagnie du colonel Broizat. Le putsch a lieu dans la nuit du 21 au 22 avril. Les généraux Challe, Jouhaud et Zeller forment une sorte de triumvirat. Ils seront rejoints par le général Raoul Salan, ancien commandant en chef en Algérie, venu d'Espagne où il résidait depuis plusieurs mois. Le général Zeller se charge plus particulièrement des questions économiques et financières. Mais il participe activement à l'action menée pour rallier les forces d'Algérie aux vues du directoire militaire.

La situation s'étant très vite dégradée, le général Challe, au cours d'une réunion dramatique, avertit le directoire militaire de son intention de mettre fin à l'entreprise et de se livrer. Le général Zeller, après avoir marqué [...]

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Jean PLANCHAIS, « ZELLER MARIE-ANDRÉ - (1898-1979) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-andre-zeller/