FORTUNY MARIANO (1838-1874)

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Peintre, dessinateur et graveur, né à Reus en Catalogne. Orphelin très jeune, Mariano Fortuny y Marsal est élevé par son grand-père, qui l'initie au modelage de figurines en terre cuite. Après quelques années d'études à Barcelone, il obtient une pension de la Députation pour aller à Rome. En 1860, il est envoyé au Maroc rejoindre l'armée du général Prim pour peindre les principaux événements de la campagne. Séjour fécond pour l'artiste, fasciné par la lumière africaine et par les couleurs vives qui l'inspireront pour de nombreux tableaux de bataille (Bataille de Tetuán) et de scènes de mœurs (Le Maréchal-Ferrant). En 1867, il épouse Cecilia de Madrazo, fille du peintre le plus célèbre de Madrid. Il partage les sept années qui lui restent à vivre entre Rome, Grenade et Portici. À l'occasion de quatre brefs séjours à Paris, il rencontre H. Regnault, Meissonier et surtout le marchand Goupil, qui lui achètera de nombreux tableaux. Grâce à ce dernier, le Tout-Paris peut admirer en 1870 son chef-d'œuvre, Le Mariage espagnol (musée d'Art moderne, Barcelone), L'Amateur d'estampes (Barcelone) et Le Choix du modèle (Corcorana Gallery, Washington). Sa virtuosité se manifeste dans ses tableaux de petites dimensions, d'un graphisme nerveux et précis rehaussé par des coloris éclatants. Il note avec minutie les jeux de lumière sur les tissus soyeux et les objets métalliques, il insiste sur le scintillement des couleurs et de leurs reflets. Comme Meissonier, avec qui il a beaucoup d'affinités, il aime évoquer l'ambiance raffinée des époques antérieures, celle de la fin du xviiie siècle en particulier. Il est un des premiers artistes à remarquer des objets importés du Japon vendus rue de Rivoli et sur les quais de Naples et à s'en inspirer. Paravents aux dessins végétaux, meubles de bambou et kimonos l'enthousiasment et constituent le sujet d'un de ses derniers tableaux, Les Enfants du peintre dans le salon japonais (1874, Prado). Fortuny fut un grand collectionneur de céramiques, d'armes et d'objets mauresques. Il a laissé un nombre considérable de dessins au crayon, à la plume ou à l'aquarelle ; il a également pratiqué l'eau-forte.

—  Claudie RESSORT

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Claudie RESSORT, « FORTUNY MARIANO - (1838-1874) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 août 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mariano-fortuny/