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JANCO MARCEL (1895-1984)

En Israël

En 1942, Janco quitte la Roumanie et se réfugie à Tel-Aviv, où il va enseigner l'art moderne, faire de grandes expositions et fonder, en 1948, année de la création de l'État d'Israël, le groupe Horizons nouveaux. Dès lors, la notoriété de Janco, soutenue par le rayonnement d'Israël, va se développer dans le monde : le prix Dizengoff (1951), l'exposition de vingt tableaux à la biennale de Venise (1952), des expositions aux États-Unis (Boston, 1953, New York, 1954), la création de la communauté d'Ein-Hod (1953), le commissariat du pavillon israélien à la Biennale de São Paulo (1957) et la grande rétrospective à Tel-Aviv (1959), avant des expositions à Tōkyō, Milan et Paris (1963).

Cet itinéraire, qui bifurque, dès la fin de la Première Guerre mondiale, vers une sereine abstraction géométrique, place Janco hors des grands mouvements qui agiteront l'art entre les deux guerres. En limitant son action à la défense par la parole, l'enseignement et l'exemple d'une certaine idée de la modernité en art, il est resté peu connu en France, où le tapage surréaliste est allé croissant jusqu'en 1939. Janco aurait pu se lier aux tenants de l'abstraction géométrique, à Cercle et Carré, par exemple, ou au Salon des Réalités nouvelles, fondé à Paris peu avant la Seconde Guerre mondiale. En fait, se retirant de la diaspora artistique, il a préféré, sinon la solitude complète, du moins une sorte de retraite méditative sur la colline d'Ein-Hod. Son influence sur les jeunes artistes israéliens n'est pas évidente : nulle, sur un figuratif comme Mordechaï Moreh, elle n'est guère plus nette sur un créateur comme Yaacov Agam, qui a participé au renouvellement de l'abstraction géométrique sur le plan international.

Pour comprendre le cheminement de Marcel Janco, il faudrait percer, sous les aspects extérieurement brillants de sa carrière d'artiste, le secret d'un travail plus profond, celui d'un homme qui faisait dire à Jean Arp, dans un poème publié en 1963 : « Janco peint/ pour la station climatique la plus colossale/ c'est-à-dire pour la terre. »

— René PASSERON

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Écrit par

  • : directeur de recherche honoraire au C.N.R.S., président de la Société internationale de poïétique, membre de l'Académie internationale de philosophie de l'art, Genève

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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