MAQUILLAGE

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Marie-Adelaïde de France, dite Madame Adelaïde, J.-M. Nattier

Marie-Adelaïde de France, dite Madame Adelaïde, J.-M. Nattier
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Maquillage, opéra chinois

Maquillage, opéra chinois
Crédits : Blue jean images/ Getty

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Longtemps rejeté aux marges de l'art, de la technique ou de la philosophie, le maquillage a, dans les dernières années du xxe siècle, acquis un statut autonome et indépendant, débarrassé des préjugés qui ont longtemps entaché sa pratique. Alors que le masque a toujours bénéficié d'une axiologie positive et fait l'objet de nombreuses études tant philosophiques qu'anthropologiques, le maquillage s'est trouvé, dès sa déritualisation, rejeté loin de la réflexion. Ce rejet est dû à plusieurs raisons : l'absence de conservation des fards anciens dans l'iconographie et la statuaire, la dispersion et la fantaisie des sources d'information, la « moralisation » du maquillage en raison de sa puissance d'illusion et d'artifice. En outre, sa distance avec le vrai alors même qu'il le mime ainsi que les effets pathologiques des produits utilisés ont maintenu cette pratique sous le boisseau. Discréditée déjà dans la Bible, la transmission de l'art des parures aux femmes par l'ange Azazel, chef des anges rebelles, place les fards du côté des ténèbres. Pourtant, la peinture corporelle et faciale est un geste universel, qui prend sens en référence à une théogonie, à des pratiques rituelles, sécularisées ou non, lesquelles témoignent de la Weltanschauung d'une civilisation. Certains affirment qu'il n'y pas d'identité, ni même de continuité entre le maquillage et les peintures rituelles. Le maquillage ne daterait que du xxe siècle, celui des mass media. C'est oublier l'histoire des pratiques éphémères des métamorphoses. Même si la référence ontologique ou religieuse s'est peu à peu évanouie comme un ancien rituel oublié que les femmes mimeraient sans se souvenir de son origine, le maquillage crée et ordonne un nouveau corps métamorphique et artistique qui se définit toujours comme une coupure avec l'Être, avec la Nature, et s'ancre dans la dialectique du caché-montré, de la séduction-répulsion en même temps qu'il est inextricablement lié aux inventions techniques, aux phénomènes politiques et sociaux et au développement économique d'une société.

Histoire

De la peinture rituelle au fard profane

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LA POUDRE ET LE FARD (C. Lanoë)

  • Écrit par 
  • Dominique PAQUET
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Dominique PAQUET, « MAQUILLAGE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maquillage/