MAQUILLAGE

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Marie-Adelaïde de France, dite Madame Adelaïde, J.-M. Nattier

Marie-Adelaïde de France, dite Madame Adelaïde, J.-M. Nattier
Crédits : AKG

photographie

Maquillage, opéra chinois

Maquillage, opéra chinois
Crédits : Blue jean images/ Getty

photographie


Mise en signe et mise en scène

Philosophie du maquillage

Associé à partir de la philosophie grecque à l'art de la toilette et considéré par Platon comme une dévaluation de l'art du corps, puis voué aux gémonies par le christianisme en raison du verset « Dieu a fait l'homme à son image, le maquillage », symbole du diable, a tardé à se constituer comme une pratique rituelle ou artistique qui en aurait fait un objet d'étude. L'anthropologie se consacre aux pratiques rituelles, mais laisse de côté le fard, sans doute aussi parce qu'il s'inscrit dans un contexte privé, puis, dès le milieu du xixe siècle, avec la naissance de l'industrie cosmétique, se trouve lié à la société marchande. Pourtant, le maquillage constitue bien une production, ce que souligne son étymologie, l'accession d'un visage nu à un visage peint, une création. Il est aussi un acte praxique, c'est-à-dire une manière de se situer comme sujet dans le monde et de reformuler les relations que le sujet entretient avec le monde. Praxis, le maquillage est aussi phronesis, prudence, habileté dans l'acte, disposition dans laquelle on s'adapte au temps pour agir sur l'objet, mais aussi techné et poiesis, savoir-faire, efficacité, transformation adéquate des matériaux en vue d'une réalisation. Se maquiller ouvre le visage à une production illimitée de simulacres qui n'a rien à voir avec les parures animales. À la différence des techniques du corps définies par Marcel Mauss, le maquillage occidental n'anticipe pas sur une spécificité ethnique ou territoriale, mais plutôt sociale, tout en se définissant, pour certaines pratiques spécifiques comme la peinture faciale, comme une pratique artistique à finalité idéale qui reflète les possibilités, les modalités, les contradictions, les fantasmes d'une société.

En raison de son adhérence à la peau et même de sa pénétration, le maquillage brouille les frontières entre l'intérieur et l'extérieur du corps et semble dissoudre les limites entre le corps et le monde. L'une des manifestations de cette viscosité essentielle apparaît [...]

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«  MAQUILLAGE  » est également traité dans :

LA POUDRE ET LE FARD. UNE HISTOIRE DES COSMÉTIQUES, DE LA RENAISSANCE AUX LUMIÈRES (C. Lanoë)

  • Écrit par 
  • Dominique PAQUET
  •  • 1 104 mots

Si le corps est devenu depuis la fin du siècle dernier un objet d'étude, il manquait à celle des techniques, visant à le modifier et à l'embellir, une analyse précise des produits et des modes de composition, de production et de consommation des cosmétiques. Dans une langue dynamique, fluide et rigoureuse, La Poudre et le fard. Une histoire des cosmétiques, de la Renaissance aux Lum […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-poudre-et-le-fard-une-histoire-des-cosmetiques-de-la-renaissance-aux-lumieres-c-lanoe/#i_47765

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Pour citer l’article

Dominique PAQUET, « MAQUILLAGE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maquillage/