CAPUANA LUIGI (1839-1915)

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Sicilien, mais critique à Florence, journaliste à Milan, professeur à Rome et à Catane, maire de son Mineo natal, Capuana publie inlassablement, à partir de 1872, une quarantaine d'œuvres, nouvelles, romans, poèmes, œuvres critiques surtout, mais aussi contes et récits pour enfants. Personnalité sans exclusive, accueillante à tout le « vrai » — sa passion —, d'une généreuse fécondité qui n'altère ni la qualité de ses récits ni l'acuité de sa critique. Avec ses nouvelles et ses romans, dont le plus célèbre, Le Marquis de Roccaverdina (Il Marchese de Roccaverdina), parut en 1901, il inaugure en Italie la littérature régionale, celle des « provinciaux ». Drame et comique mêlés, et toujours un humour cordial dont il ne se départit ni dans ses contes (Il était une fois, C'era una volta) ni dans son œuvre critique (Les Ismes contemporains, Gli Ismi contemporanei, 1881). Vie souvent saisissante du récit, née d'une connaissance familière des gens, des scènes, des lieux dépeints : paysans ou riches propriétaires, vie féodale des villages, paysages merveilleusement fertiles de la « montagne » — l'Etna —, échappées lumineuses des paysages qui confèrent à ses pages une tonalité heureuse.

Critique déterminant en son temps, Capuana est le premier théoricien italien du naturalisme et, plus encore que Verga, le théoricien et le héraut du vérisme qui renouvelle la littérature italienne et met fin à son isolement. Il perçoit la grandeur « homérique » du livre de Verga, Les Malavoglia (I Malavoglia, 1881) et mène, pour Verga et pour le vérisme, un combat tenace pendant près de vingt ans. Mais sa conception du caractère historique de l'œuvre d'art le porte à défendre plus tard la validité de courants nouveaux, celle même du futurisme. Toute œuvre est bonne si elle parvient à la métamorphose, à la « forme », non seulement quant au style, mais pour l'organisation générale de l'œuvre. Il continue ainsi De Sanctis et, convaincu de l'autonomie de l'art, de l'art pur, il annonce Croce.

—  Germaine LECLERC

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VÉRISME

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Dans le chapitre «  Naturalisme et vérisme, une filiation contestée »  : […] que Verga affecte à l'égard de ses humbles, la curiosité médicale, « clinique », pour employer une expression alors à la mode, de Luigi Capuana (1839-1915) et le dogme de l'impassibilité auquel il resta fidèle, le ton de constat des Nouvelles pour une année (Novelle per un anno) de Pirandello rendent difficilement soutenable la thèse de Russo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/verisme/#i_2624

Pour citer l’article

Germaine LECLERC, « CAPUANA LUIGI - (1839-1915) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/luigi-capuana/