TCHERINA LUDMILLA (1924-2004)

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Artiste française, danseuse, comédienne, directrice de compagnie, figure de la scène mondaine, peintre et sculpteur.

Née à Paris le 10 octobre 1924, d'un père russe et d'une mère française, Tcherina, de son vrai nom Monique Tchemerzina, devient l'élève de Blanche d'Alessandri, Olga Preobrajenska et Yvan Clustine. Enfant prodige d'une étonnante beauté, elle danse à seize ans à l'Opéra de Marseille puis aux Nouveaux Ballets de Monte-Carlo. Serge Lifar, séduit par sa grâce, lui propose « d'être sa Juliette ». Le 16 juin 1942, ils créent Roméo et Juliette sur la scène de la salle Pleyel à Paris. Elle rejoint, en 1945, les Ballets des Champs-Élysées de Roland Petit. Rebaptisée Ludmilla Tcherina par Serge Lifar, elle campe le jeune Bonaparte dans À la mémoire d'un héros puis Mephisto Valse (1946). Elle se produit également dans des récitals avec son mari, le danseur Edmond Audran, jusqu'à la mort tragique de celui-ci dans un accident de la circulation en 1951.

À partir de 1946, elle se tourne vers le cinéma. C'est dans Un revenant (1946) de Christian-Jaque qu'elle fait ses débuts, aux côtés de Louis Jouvet, François Périer, Gaby Morlay et Marguerite Moreno. Mais les balletomanes retiennent surtout Les Chaussons rouges de Michael Powell et Emeric Pressburger (1948) et Les Contes d'Hoffmann (1951). Pour La Nuit s'achève, où elle tient le rôle d'une assistante sociale et a pour partenaire Victor Francen, elle obtient, en 1950, le prix d'interprétation au festival de Vichy. À Hollywood, elle tourne La Fille de Mata-Hari (1951) et une comédie musicale Oh ! Rosalinda (1955) de Powell et Pressburger. En Espagne, elle est la partenaire d'Antonio Ruiz Soler (dit Antonio) dans le film de danse Lune de miel (1959). Son échappée cinématographique représentera une trentaine de films.

Un second mariage avec l'homme d'affaires Raymond Roi, en 1953, marque son retour à la danse avec Giselle à la Scala de Milan. L'intensité dramatique de Tcherina prend toute sa dimension dans le Martyre de saint Sébastien (1957), chorégraphié par Serge Lifar et mis en scène par Maurice Jacquemont à l'Opéra de Paris. Un an plus tard, en désaccord avec l'administrateur, elle quitte l'Opéra quelques jours avant la représentation de L'Atlantide. Coup de tête ou caprice de star, cet incident alimente les journaux, d'autant plus que la danseuse est une personnalité remarquée. Sa beauté, utilisée pour présenter les toilettes les plus somptueuses et les plus beaux bijoux, rayonne dans les soirées du Tout-Paris et du petit écran où elle interprète tour à tour Salomé, Jeanne d'Arc, La Dame aux Camélias et La Reine de Saba.

Soutenue par son mari, elle fonde en 1958 sa propre compagnie, dont un des triomphes sera Les Amants de Teruel (1959). De ce drame dansé et mimé, mis en scène par Raymond Rouleau sur une musique de Mikis Theodorakis, sera tiré un film (1962). Elle participe aussi à la production de Joseph Lazzini Le Mandarin merveilleux (1967) et danse dans Excelsior (1967), mis en scène par Ugo Dell'Ara à Florence.

Ballerine-star, tragédienne ou élégante parisienne, elle est aussi peintre et sculpteur. Elle a donné à l'église Saint-Roch de Paris un tableau qui y est installé depuis 2002. Une de ses sculptures, intitulée Europe à cœur, a été choisie par la Communauté européenne en 1992 pour symboliser l'Europe. Cette œuvre est installée, depuis le 13 décembre 2000, devant le siège du Parlement européen à Strasbourg. Tcherina a aussi écrit deux romans : L'Amour au miroir (1983) et La Femme à l'envers (1986). Cette femme, très engagée artistiquement, s'est éteinte le 21 mars 2004 à Paris.

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Martine PLANELLS, « TCHERINA LUDMILLA - (1924-2004) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ludmilla-tcherina/