ŚUṄGA LES

La dynastie indienne des Śuṅga (~ 185-~ 176 à ~ 73-~ 64 ?) a succédé à celle des Maurya. Son fondateur est l'usurpateur Puśyamitra (ou Puśpamitra), général en chef qui assassine le dernier empereur maurya Brihadratha, au cours d'une revue militaire. Il doit faire face à l'invasion des Grecs de Bactriane (~ 175-~ 168) qui arrivent jusqu'à la capitale de l'empire : Pātaliputra. Ceux-ci semblent avoir reflué sur la région de l'Indus, autant du fait de leurs difficultés sur leurs arrières avec les Parthes et les Séleucides, que du fait des mérites militaires de Puśyamitra. Néanmoins, pour célébrer sa victoire et pour affirmer son pouvoir, Puśyamitra fait procéder deux fois au sacrifice royal du cheval (aśvameda). Les Śuṅga semblent d'ailleurs portés par une profonde réaction brahmanique contre leurs prédécesseurs les Maurya, dont l'attitude était plutôt favorable au bouddhisme. Le choix de leur nom, par exemple, témoigne de l'attachement des Śuṅga aux cultes solaires hindous ; quant aux bouddhistes, malgré les persécutions dont ils se plaignent, ils peuvent néanmoins continuer la réalisation des grands ensembles monumentaux de Bhārhut et de Sāñcī. Le centre de gravité de l'empire continue à glisser du nord-est (Magadha) vers le sud-est. Puśyamitra installe son fils Agnimitra vice-roi à Vidishā près de Sāñcī, et il n'est pas sûr qu'il ait réussi à reprendre toutes les possessions des Maurya. La domination śuṅga aurait été plutôt instaurée comme une confédération de souverainetés multiples, liées par un réseau de parentés et de vassalités. Il se peut que Vasumitra, fils d'Agnimitra, ait encore eu à faire face à la pression des Grecs, bien que ceux-ci aient été alors de plus en plus menacés par les Scythes ou Saka et les Parthes ou Pallava qui pénétraient progressivement en Inde. Au sud, le nouveau pouvoir Andhra, sous la dynastie des Śātavāhana, déborde sur les pays de la Narmada. Finalement, Devabhūti (ou Devabhūmi) est le dernier Śuṅga. Sa vie scandaleuse est interrompue par son ministre, le brahmane Vāsudeva, qui s'installe à sa place et fonde la dynastie brahmanique des Kanva. Cette dernière dure peu (~ 64-~ 19) et ne comporte que quatre souverains, dont le dernier sera chassé par les Andhra.

— Roland BRETON

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    Écrit par

    • Roland BRETON : docteur ès lettres, maître assistant à l'université d'Aix-Marseille

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    Pour citer cet article

    Roland BRETON, « ŚUṄGA LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL :

    Autres références

    • INDE (Arts et culture) - L'art

      • Écrit par Raïssa BRÉGEAT, Marie-Thérèse de MALLMANN, Rita RÉGNIER
      • 43 156 mots
      • 67 médias
      L'empire Maurya s'émietta après avoir subi l'assaut des Grecs de Bactriane. Au Magadha dominèrent successivement les Śuṅga et les Kāṅva. Les Śatavāhana, qui s'étaient distingués d'abord au Mālva, cherchèrent à s'étendre vers la côte occidentale, mais, sous la poussée de « satrapes » indo-scythes (Śaka),...
    • SĀÑCĪ

      • Écrit par Rita RÉGNIER
      • 1 417 mots
      • 1 média
      Sous la dynastie Śuṅga (env. 187-75 av. J.-C.), un revêtement de pierre donna au Grand Stūpa ses dimensions actuelles (une quinzaine de mètres de hauteur et près de 35 m de diamètre). La forme originelle du dôme – une demi-sphère au sommet légèrement aplati – fut respectée, mais on encercla sa base d'une...

    Voir aussi