HANNON LES

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Deux hauts personnages portant le nom de Hannon s'illustrèrent durant la période de l'oligarchie carthaginoise comprise entre ~ 368 et ~ 263. Le premier, Hannon dit le Grand, était un magnat dont les richesses égalaient presque celles de l'État, selon Justin qui le qualifie de princeps carthaginiensum, titre qui définit une prééminence de fait plutôt qu'une magistrature. En ~ 368, les hostilités reprennent en Sicile et Hannon est nommé commandant en chef des armées. Il contraint Denys de Syracuse à se retirer de devant Lilybée et capture une division navale grecque stationnée devant Éryx. Le mort de Denys, en ~ 367, permet de conclure la paix. L'alliance étrusque est resserrée. Hannon tente alors de s'emparer du pouvoir vers ~ 360. Il choisit le jour des noces de sa fille pour offrir un banquet au peuple sous les portiques de la ville et au Sénat dans sa propre maison pour empoisonner ses membres sans témoin. Mais le complot est éventé. En raison de l'importance du personnage, le Sénat se contente de réglementer par décret les frais de noces. Hannon tente ensuite de soulever ses esclaves. De nouveau découvert, il s'enferme dans l'un de ses châteaux et incite les Africains à la révolte. Il est alors capturé, battu de verges ; on lui brise les bras et les jambes et on le met en croix. Ces faits relatés par Justin montrent que Hannon avait voulu s'emparer du pouvoir légalement, en se servant d'une institution punique : les banquets offerts à des confréries rassemblées dans les temples, qu'Aristote nomme syssities et qui jouaient un rôle politique. Sa mort consacrera la mainmise de l'aristocratie sur le pouvoir.

En ~ 345, un gros effort de guerre est tenté par Carthage en Sicile et un autre général nommé Hannon commande l'armée. Il s'agissait de persuader les Grecs de Sicile des bienfaits que leur procurerait la protection de Carthage et de les détacher des Campaniens d'Entella et de Denys le Jeune qui avait pris le pouvoir à Syracuse. Les Syracusains ne voulaient ni de Denys ni des Carthaginois et s'étaient tournés vers Corinthe qui leur avait envoyé Timoléon. Mais, bientôt, un autre général nommé Asdrubal relève Hannon de son commandement.

—  Gilbert-Charles PICARD

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«  HANNON LES  » est également traité dans :

BOMILCAR (mort en 308 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Gilbert-Charles PICARD
  •  • 351 mots

Forme latinisée du nom phénicien Bdmlqrt, qui signifie « dans la main de Melqart ». Le nom de Bomilcar est fréquent à Carthage et fut porté par plusieurs personnages importants, en particulier par un homme politique, mort en ~ 308. D'origine noble, il appartenait probablement à la maison de Hannon I er le Grand. En ~ 310, Agathocle débarque au cap Bon ; c'était la premièr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bomilcar/#i_1341

CARTHAGE

  • Écrit par 
  • Abdel Majid ENNABLI, 
  • Liliane ENNABLI, 
  • Gilbert-Charles PICARD
  • , Universalis
  •  • 9 848 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Les guerres contre les Grecs »  : […] En 480, Carthage, battue à Himère par Gelon, tyran de Syracuse, évacue la Sicile à l'exception de Motye, tandis que la flotte perse, en grande partie formée de contingents phéniciens, est écrasée à Salamine. Les rois Magonides se replient sur l'Afrique et mettent leur territoire en valeur. Le roi Hannon dirige deux expéditions maritimes de prospection, l'une vers l'Afrique tropicale, l'autre vers […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/carthage/#i_1341

Pour citer l’article

Gilbert-Charles PICARD, « HANNON LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-hannon/