ELZÉVIR LES

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Né à Louvain vers 1540, Louis Elzévir (ou Elzevier) s'expatrie au moment des troubles religieux. Vers 1580, il s'installe à Leyde comme relieur, puis ajoute à cette activité celle de libraire. Il est sans doute l'un des premiers à organiser des ventes publiques de bibliothèques et à faire imprimer des catalogues à cet effet (bibliothèque de Marnix de Sainte-Aldegonde, 1599). Quand il meurt en 1617, l'aîné et le cadet de ses fils, Mathieu et Bonaventure, reprennent la librairie paternelle ; Mathieu se retire en 1622 au profit de son fils aîné Abraham ; son fils cadet Isaac, qui avait acquis une imprimerie en 1616, cède son matériel en 1625 à l'association Abraham-Bonaventure. Jusqu'à leur mort en 1652, les Elzévir connaissent la période la plus brillante de leur histoire. La perfection technique de leurs éditions se manifeste dans la qualité du papier venu d'Angoulême et par des caractères imités de Garamond, gravés par Christophe van Dyck. Comme Manuce, ils préfèrent les petits formats, faciles à porter et à exporter ; la finesse du papier et une typographie serrée permettent de comprimer des textes importants dans des volumes de format réduit. En 1626, ils lancent la collection des « petites républiques », descriptions statistiques et topographiques de divers pays. Ils s'assurent le concours d'érudits comme Daniel Heinsius et son fils Nicolas pour veiller à la correction de leurs petites éditions de classiques latins (Horace de 1629, César, Pline et Térence de 1635, Virgile de 1636). Une autre part de leur production est constituée par la contrefaçon d'auteurs français contemporains (Le Cid, 1641) ou autres, souvent sous des adresses vagues ou fausses. Abraham et Bonaventure ont pour successeurs leurs fils aînés Jean et Daniel ; celui-ci part pour Amsterdam en 1655 ; Jean meurt en 1661 ; sa veuve reprend l'officine jusqu'à la majorité de son fils Abraham en 1681 ; la maison périclite alors, et elle est liquidée en 1712 à la mort d'Abraham.

Les Elzévir ont d'autres maisons aux Pays-Bas. À La Haye, une librairie est fondée en 1590 par le deuxième fils de Louis, qui porte le même prénom que son père ; à sa mort, en 1621, elle est reprise par son neveu Jacob (un fils de Mathieu) jusqu'en 1636 ; elle devient ensuite une simple succursale de la maison de Leyde et subsiste jusqu'en 1661. À Amsterdam, un autre Louis, fils de Josse et petit-fils de Louis Ier, établit une librairie en 1638 et acquiert une imprimerie dès 1640 ; en 1655, Daniel, venu de Leyde, s'associe avec lui ; Louis se retire en 1665 ; Daniel meurt en 1680, et la maison est vendue. De 1655 à 1680, la primauté perdue par la maison de Leyde est passée à celle d'Amsterdam.

À Utrecht, la présence des Elzévir est plus intermittente ; Josse, quatrième fils de Louis, y exerce entre 1603 et 1616, et Pierre, son petit-fils, entre 1667 et 1675. Les Elzévir entretiennent aussi de nombreuses relations avec l'étranger et ouvriront un département spécial pour y veiller ; ils ont des correspondants et des dépôts dans plusieurs villes d'Europe, et même une véritable succursale à Copenhague entre 1630 et 1650. Les éditions des Elzévir, plus de 2 200 authentiques, ont longtemps joui d'un grand prestige auprès des bibliophiles.

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Dans le chapitre « Le temps de la réformation catholique »  : […] Pareille mutation ne pouvait aller sans provoquer des contrecoups. En 1539-1543 et 1569-1571, des grèves ont lieu à Paris qui prennent parfois l'allure de crises de surproduction. Après l'euphorie de la Renaissance, l'expansion apparaît de plus en plus freinée. Alertés par les crises de la Réforme, les pouvoirs, le religieux comme le séculier, entreprennent de mettre en tutelle la presse à imprim […] Lire la suite

Pour citer l’article

Albert LABARRE, « ELZÉVIR LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/les-elzevir/