DU QUESNOY LES

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La famille Du Quesnoy, des sculpteurs flamands fixés à Bruxelles, a compté trois artistes célèbres. Le père, Jérôme l'Ancien (vers 1570 - 1641-1642), participa activement à la reprise artistique qui suivit les troubles iconoclastes du xvie siècle dans les Pays-Bas méridionaux. Établi à Bruxelles, il réalisa des sculptures pour des églises et pour des collectionneurs. Son œuvre a été en grande partie détruit, mais on conserve encore le tabernacle monumental de Saint-Martin d'Alost (1604) et une réplique en bronze de sa célèbre statue du Manneken-Pis, élément principal d'une fontaine située rue de l'Étuve à Bruxelles.

Jérôme le Jeune (1602-1654), le fils cadet, fit son apprentissage auprès de son père. Le début de sa carrière est encore mal connu. En 1626, il est documenté à Rome avec son frère François (1597-1643, cf. l'article françois du quesnoy). Par la suite, il aurait travaillé en Espagne et au Portugal. Après la mort de son frère , qu'il avait rejoint à Rome en 1641 après un court séjour en Toscane, il retourna à Bruxelles où il suppléa Jacques Francquart en 1645 en tant qu'« architecte, statuaire et sculpteur de la cour », une charge à laquelle il fut nommé officiellement à la mort de ce dernier en 1651. Il obtint de très nombreuses commandes. Dans ses œuvres, d'une bonne exécution mais peu originales, se mêlent la tradition flamande et l'influence du style de François : le Saint Thomas (1644), une des quatre statues qu'il sculpta pour la nef de la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule, s'inspire du Saint André (Saint-Pierre-de-Rome) de son frère et sa Sainte Ursule (Notre-Dame-du-Sablon, Bruxelles), de la Sainte Suzanne (Sainte-Marie-de-Lorette, Rome) ; quant à sa dernière œuvre, le tombeau du cardinal Antoine Triest (1651-1654, Saint-Bavon, Gand), elle reprend des modèles empruntés à François ou à la sculpture italienne.

En tant qu'architecte et sculpteur de l'archiduc Léopold Guillaume, Jérôme fut responsable de la construction de la chapelle de Notre-Dame à Saints-Michel-et-Gudule et réalisa des portraits de l'archiduc en médaille ou en ronde bosse. Condamné pour sodomie, il fut brûlé vif à Gand en 1654.

—  Marion BOUDON

Bibliographie

L. Hadermann-Misguich, in catal. expos. La Sculpture au siècle de Rubens dans les Pays-Bas méridionaux et la principauté de Liège, musée d'Art ancien, Bruxelles, 1977 ; in Dictionary of Art, vol. IX, Macmillan, Londres, 1996.

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«  DU QUESNOY LES  » est également traité dans :

BELLORI GIOVAN PIETRO (1613-1696)

  • Écrit par 
  • Marc LE CANNU
  •  • 602 mots

Homme de lettres italien, critique d'art, bibliothécaire de Christine de Suède, puis conservateur des Antiquités de Rome sous le pontificat de Clément X. L'œuvre de théoricien de Bellori, consignée dans un discours sur l' Idée du peintre, du sculpteur et de l'architecte ( L'Idea del pittore ..., 1644 et 1672) ainsi que de biographe ( Vies des peintres, sculpteurs et architectes modernes , Vite d […] Lire la suite

Pour citer l’article

Marion BOUDON, « DU QUESNOY LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/les-du-quesnoy/