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DE TROY LES

Famille de peintres français.

<it>Adelaïde de Savoie</it>, F. de Troy

Adelaïde de Savoie, F. de Troy

François De Troy (1645-1730), issu d'une famille d'artistes languedociens, a été formé à Paris dans l'atelier de Claude Lefebvre qui lui apprend le métier de portraitiste. Cela explique la technique sûre et l'atmosphère grave de ses œuvres. De Troy est un héritier de la tradition française : son art est empreint de réalisme et de retenue. La mise en page sobre (le sujet est vu à mi-corps, en général assis) et le fond obscur permettent de mettre l'accent sur le visage et les mains (Portrait de Jules Hardouin-Mansart, musée du château de Versailles). Très célèbre de son temps, il abandonne très tôt la peinture d'histoire et devient directeur à l'Académie royale de peinture et de sculpture. Mariette vante ses qualités : « Une manière de peindre extrêmement fondue, un pinceau léger et facile et un coloris qui imite merveilleusement bien tous les tons de la chair » (Abecedario). Voilà qui plaît à sa clientèle de princesses et de gentilshommes. Sa composition s'allège, les éléments décoratifs ressortent davantage et le portrait devient plus souple, d'une matière plus généreuse, comme dans le beau Portrait de Jean de Jullienne (musée de Valenciennes). Les avis des historiens d'art sont partagés à propos de la place qui lui revient dans l'évolution du portrait ; certains lui attribuent l'invention du portrait mythologique, promis à un brillant avenir avec Nattier. Il faut reconnaître que De Troy a été un des premiers à modifier le portrait allégorique, qui existait en France depuis le xvie siècle, en le traitant avec une sensibilité nouvelle : il ne s'agit plus d'affubler les personnages d'attributs divins. De Troy allie l'apparat au charme, comme pour Mademoiselle de Blois et le comte de Toulouse en Vénus et Adonis (Louvre). Le succès se transformera bientôt en mode. De Troy a tenté de remettre à l'honneur un genre assez peu répandu dans l'art français du xviie siècle, le portrait de groupe (La Famille de Franqueville, 1711, musée de Douai), qui évolue vers la scène de genre à caractère intimiste (La Collation, peint en 1727 ; l'artiste a quatre-vingt-deux ans). Mais l'œuvre de François De Troy a été éclipsée par celles d'artistes plus jeunes et plus doués que lui, Rigaud et Largillière. Ce dernier, le vrai rival du vieux peintre, a plus de facilité à faire vibrer la lumière, plus de chaleur dans le coloris.

Jean-François De Troy (1679-1752) fut l'un des peintres les plus célèbres de son temps. Sa carrière débute brillamment, le renom de son père, le portraitiste François De Troy, l'ayant beaucoup servi. Avant d'avoir vingt ans, il se rend à Rome et, au retour, il est en droit d'espérer les plus grands honneurs. Professeur à l'Académie royale de peinture et de sculpture, il rencontre un rival prestigieux en la personne de François Lemoine ; un concours royal n'ose les départager (1727). Mais De Troy ne sera jamais premier peintre ; sa nomination à la tête de l'Académie de France à Rome (1738-1752) consacre une position : celle d'un grand seigneur des arts lié avec la haute société de son temps dont il satisfait les aspirations esthétiques (ainsi le richissime banquier Samuel Bernard lui commande des toiles pour son hôtel). Peintre fécond, il aura touché à tous les genres. Il s'est d'abord fait connaître par de nombreuses scènes de genre appelées tableaux de mode, agréables chroniques mondaines traitées avec distinction et rapidité (Une lecture de Molière, coll. part.). Il triomphe en 1737 avec le Déjeuner d'huîtres (musée Condé, Chantilly), commandé pour les petits appartements du roi. Lorsqu'il aborde le portrait (Le Marquis de Marigny, 1751, musée du château de Versailles), De Troy donne à son modèle une attitude détachée[...]

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Écrit par

  • : historien de l'art, chargé de mission à la Caisse nationale des monuments historiques et des sites

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

<it>Adelaïde de Savoie</it>, F. de Troy

Adelaïde de Savoie, F. de Troy

Autres références

  • ROCOCO

    • Écrit par Georges BRUNEL, François H. DOWLEY, Pierre-Paul LACAS
    • 21 059 mots
    • 14 médias
    ...sont traités avec un plus grand naturalisme ; il en va de même dans les Fragments d'opéra. Les tapisseries tissées d'après Jean-François de Troy (Histoire d'Esther, 1737-1742) ou Boucher (Fêtes italiennes, commencées en 1736 ; Tenture chinoise, commencée en 1742 ; Histoire de Psyché...

Voir aussi