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COUSTOU LES

Statue de Louis XV en Jupiter, N. Coustou - crédits : Peter Willi/  Bridgeman Images

Statue de Louis XV en Jupiter, N. Coustou

La famille Coustou, qui a fourni trois des principaux sculpteurs du xviiie siècle français, est elle-même apparentée à Coysevox : les deux frères, Nicolas (1659-1733) et Guillaume Ier Coustou (1677-1746) étaient ses neveux. Guillaume II Coustou (1716-1777) est le fils de Guillaume Ier.

Élevés dans la tradition et sous l'influence de leur oncle, les deux aînés assument un rôle de transition entre les époques de Louis XIV et de Louis XV analogue à celui de peintres comme Charles de La Fosse. Envoyés successivement à Rome l'un et l'autre, ils en reviennent, Nicolas en 1687 et Guillaume en 1703. Leur carrière parisienne reste associée : en 1714, Nicolas donne pour Marly un Apollon et Guillaume une Daphné, aujourd'hui placés dans le jardin des Tuileries. Est-ce à cause du sujet ? Le souvenir de Bernin est manifeste dans les deux œuvres ; les personnages sont saisis dans un instant de leur course, avec leurs mèches de cheveux soulevées par le vent, leurs bras étendus et leurs draperies en désordre.

Quelques œuvres permettent de saisir indépendamment la personnalité de Nicolas et celle de Guillaume. C'est à Nicolas que l'on doit le groupe en marbre de la Pietà (1712-1723), à Notre-Dame. S'il y a quelque chose de convenu dans l'attitude et la tête de la Vierge, la figure du Christ est en revanche d'une grande beauté, avec une recherche de naturel dans la pose, les lèvres entrouvertes sur le dernier soupir. Quant à Guillaume, son œuvre la plus fameuse, exécutée après la mort de Nicolas, est constituée par les Chevaux placés à l'origine à Marly, puis à l'entrée de l'avenue des Champs-Elysées de 1794 à 1984, enfin installés dans la grande cour de l'aile Richelieu du Louvre depuis 1994. Tenus en bride par leurs palefreniers, les deux animaux se cabrent dans un mouvement superbe, plein de vigueur et de vérité.

Guillaume II Coustou est l'auteur d'un grand monument aussi déshérité par son emplacement actuel que les Chevaux de Marly sont favorisés. Primitivement, le tombeau du Dauphin et de la Dauphine, le fils et la bru de Louis XV, était placé au milieu du chœur de la cathédrale de Sens ; il est aujourd'hui relégué dans une des chapelles rayonnantes. Aucune effigie des deux princes ; des figures allégoriques, la Religion, l'Immortalité, l'Amour conjugal et le Temps, sont groupées deux par deux autour des urnes funéraires à demi voilées. Presque contemporain du tombeau du maréchal de Saxe, (œuvre de Pigalle), puisqu'il est achevé en 1777, le tombeau du Dauphin représente une tendance de style foncièrement antithétique ; c'est la concentration méditative en face de l'exaltation héroïque, une ode funèbre en face d'un grand opéra.

— Georges BRUNEL

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Écrit par

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres, conservateur des objets d'art des églises de la Ville de Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Statue de Louis XV en Jupiter, N. Coustou - crédits : Peter Willi/  Bridgeman Images

Statue de Louis XV en Jupiter, N. Coustou

Autres références

  • ROCOCO

    • Écrit par Georges BRUNEL, François H. DOWLEY, Pierre-Paul LACAS
    • 21 059 mots
    • 14 médias
    ...duchesse de Bourgogne, sous l'aspect de Diane (1710, Louvre), il ne supprime nullement, à l'identifier à la déesse de la chasse, sa piquante individualité. Et dans le Saint François Xavier (1723, Saint-Germain-des-Prés) sculpté par Coustou, le geste éloquent du missionnaire prêchant la Croix emporte le surplis...

Voir aussi