ARLETTY LÉONIE BATHIAT dite (1898-1992)

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Née Léonie Bathiat, d'un père ajusteur et d'une mère lingère, Arletty ne connut la célébrité au cinéma que tardivement. Sa beauté grave, presque tragique, son maintient, sa voix toute en rupture de ton, impétueuse ou mélancolique, brouillèrent les images qui la réduisaient à de faciles stéréotypes. Son interprétation la plus marquante reste sans conteste celle de Garance dans Les Enfants du paradis (1944), même si la fameuse réplique d'Hôtel du Nord (1939) : « Atmosphère, atmosphère... », lui ouvre l'accès au Paris populaire.

L'école de l'opérette

Elle connaît une enfance heureuse : la vie quotidienne à Courbevoie, coupée de séjours en Auvergne, s'écoule doucement. La mort de son père en 1916 perturbe l'ordre établi. La voici, avec sa mère, tourneuse d'obus, puis dactylo. « Mince comme un haricot vert », d'après son ami Rip, elle devient mannequin avant que deux hommes infléchissent son destin. L'un, confiant dans l'intelligence de sa protégée, affine son goût, lui apprend ce qu'est la beauté. L'autre, Paul Guillaume, lui ouvre le théâtre avec deux recommandations : la première pour l'Odéon, la seconde pour les Capucines. Elle choisit par hasard les Capucines. Le directeur, Armand Berthez, la jauge et l'engage. Dans ce théâtre bonbonnière suprêmement mondain, Arletty (ainsi l'a baptisée Berthez) parfait ses gammes et s'ébroue dans le Paris des Années folles. Elle joue les revues qui, en déployant un éventail de scènes et de tableaux, passent au crible l'actualité politique ou scandaleuse. Sur la scène minuscule, la troupe féminine danse un peu et détaille des couplets irrévérencieux. À ces jeux, des spécialistes comme Rip, Mirande ou Quinson – Guitry, un peu plus tard – gagnent à tous les coups. Arletty se hasarde au cabaret, où sa voix, plus acide que l'oseille, entretient la bonne humeur. Aussi va-t-elle, dès 1928, s'épanouir dans l'opérette et ravir Maurice Yvain (Yes), Gabaroche (Azor, 1932), Raoul Moretti (Un soir de réveillon, 1932), Reynaldo Hahnmon bel inconnu !, 1932) [...]

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LE JOUR SE LÈVE, film de Marcel Carné

  • Écrit par 
  • Michel CHION
  •  • 887 mots

Dans le chapitre « Un film démoralisant »  : […] Titré comme une chanson, Le jour se lève s'apparente à un quatuor à cordes jouant en sourdine, Carné ayant demandé aux acteurs de retenir leur voix : il est possible qu'il ait été influencé par Gueule d'amour (1937), de Jean Grémillon, où Gabin passe d'une voix timide et retenue à une voix hurlée. Un critique de cinéma de l'époque titrait son art […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-jour-se-leve/#i_88450

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Pour citer l’article

Raymond CHIRAT, « ARLETTY LÉONIE BATHIAT dite (1898-1992) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/leonie-arletty/