KLENZE LEO VON (1784-1864)

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Remonter le Danube depuis Ratisbonne réserve une étrange surprise : le fleuve serpente au milieu de collines boisées, assez hautes ; au flanc de l'une d'elles, couronnant un majestueux ensemble de terrasses et d'escaliers qui s'élèvent depuis le bord de l'eau, apparaît une espèce de Parthénon. Nulle œuvre d'architecture ne peut mieux illustrer les rapports ambigus de l'esprit néo-classique avec le romantisme. Ce temple grec dans la forêt allemande, c'est la Walhalla, construite entre 1830 et 1840 environ par Leo von Klenze.

Ce n'était pas un coup d'essai. Klenze avait étudié à Paris, visité l'Angleterre et l'Italie et s'était familiarisé avec tous les styles. Appelé à Munich par Maximilien Ier en 1814, il y fera pratiquement toute sa carrière. La capitale de la Bavière lui doit plusieurs de ses monuments les plus caractéristiques, depuis la Glyptothèque, commencée en 1816, jusqu'aux Propylées, construits entre 1846 et 1863. On peut sourire de cette fureur de dresser des portiques à colonnes dans le ciel germanique ; attitude pourtant bien injuste. Le dessin de ces bâtiments, s'il reste toujours rigide et quelque peu glacial, garde aussi une distinction parfaite. Les volumes, particulièrement les volumes intérieurs, sont d'une qualité remarquable dans leur clarté d'enchaînement : ainsi les salles voûtées de l'Ancienne Pinacothèque (1826-1833) ou celle de la Glyptothèque, avec leurs coupoles surbaissées et leurs arcs à caissons.

Il ne faudrait d'ailleurs pas faire de Klenze le parangon d'un style à la grecque. De part et d'autre de la Max-Josefplatz, à Munich, il dresse en vis-à-vis le « palais Pitti » et la « loggia de' Lanzi », adaptations plutôt que copies des modèles de la Renaissance toscane. Avec lui, c'est l'un des représentants les plus intelligents et les plus sensibles du romantisme historique qui disparaît.

—  Georges BRUNEL

Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres, conservateur des objets d'art des églises de la Ville de Paris

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Pour citer l’article

Georges BRUNEL, « KLENZE LEO VON - (1784-1864) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/leo-von-klenze/