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MATSUMOTO LEIJI (1938-2023)

Leiji Matsumoto - crédits : Stefano Guidi/ Getty Images/ AFP

Leiji Matsumoto

L’exploration de l’espace et les guerres qui peuvent s’y dérouler furent les grands thèmes des bandes dessinées puis des films d’animation d’Akira (dit « Leiji ») Matsumoto : des préoccupations remontant sans doute à son enfance, puisque son père avait été aviateur dans l’armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale et que lui-même avait grandi dans un pays traumatisé par les bombes atomiques larguées en 1945 sur Hiroshima et Nagasaki.

Leiji Matsumoto est né le 25 janvier 1938, à Kurume, sur l’île de Kyūshū, où se trouve la ville de Nagasaki. Après avoir travaillé comme assistant du scénariste et mangaka – dessinateur de manga – japonais Osamu Tezuka (1928-1989) et dessiné des histoires pour jeunes filles ainsi que des westerns, Leiji Matsumoto publie son premier récit important de science-fiction, Sexaroid (1968), où il s’inspire de la bande dessinéeBarbarella (1962) de Jean-Claude Forest, que Roger Vadim venait d’adapter au cinéma. En 1969, il crée le personnage qui restera emblématique de son œuvre, le capitaine Harlock. Ce redoutable « pirate de l’espace » qui erre de planète en planète et affronte principalement les Sylvidres, des végétaux humanoïdes. Matsumoto l’inscrit manifestement dans la lignée de Northwest Smith, un aventurier qui erre lui aussi de planète en planète, imaginé en 1933 dans Shambleau par la romancière américaine de science-fiction Catherine L. Moore.

En France, c’est en 1980, grâce à la diffusion, dans l’émission Récré A2, sur la chaîne Antenne 2, de l’adaptation de Capitaine Harlock en dessins animés, que Matsumoto accède à la notoriété. Pour éviter une confusion avec le capitaine Haddock d’Hergé, Éric Charden, auteur avec Didier Barbelivien de la chanson française du générique, avait rebaptisé Harlock « Albator », jouant avec le nom d’un rugbyman qu’il appréciait, Jean-Claude Ballatore.

En 1974, le producteur Yoshinobu Nishizaki sollicite Matsumoto pour réaliser la série de films d’animation Yamato. Le Cuirassé de l’espace, suite d’aventures à bord d’un vaisseau interplanétaire, dont le nom est celui d’un navire japonais ayant participé à la Seconde Guerre mondiale. Matsumoto revient à la bande dessinée en 1977 avec l’une de ses œuvres majeures, Galaxy Express 999, voyage initiatique dans un train spatial d’un jeune garçon pauvre à la recherche d’une planète dont les habitants sont immortels.

La suite de la carrière de Matsumoto prend des directions inattendues avec le mangaL’Anneau des Nibelungen (1989), où il donne une vision très personnelle de la tétralogie de Richard Wagner (le capitaine Albator est à la recherche de l’or du Rhin), et avec le long-métrage d’animation Interstella 5555(2003), transposition du disque Discovery(2001) du duo de musique électronique français Daft Punk, qui lui a demandé de superviser les effets graphiques.

La plupart des séries de Leiji Matsumoto se sont développées en alternant bandes dessinées et films d’animation, provoquant parfois des incohérences chronologiques, que l’auteur assumait. Ses récits, qui appartiennent au genre space opera de la science-fiction, sont peuplés de héros ténébreux et de femmes au physique longiligne, voire diaphane (il avait comme modèle l’actrice allemande Marianne Hold dans le film de Julien Duvivier, Marianne de ma jeunesse, sorti en 1955). Ses personnages féminins sont également caractérisés par leur esprit déterminé – sa référence était Scarlett O’Hara dans Autant en emporte le vent.

De cette œuvre où abondent des réflexions sur le statut de l’homme dans l’univers – notamment dans Galaxy Express 999 –, se dégage, au-delà de l’âpreté des combats, une aspiration à vivre en paix et en harmonie avec la nature.

Leiji Matsumoto entretenait une relation privilégiée avec la France, qui l’avait fait Chevalier[...]

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Pour citer cet article

Dominique PETITFAUX. MATSUMOTO LEIJI (1938-2023) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Média

Leiji Matsumoto - crédits : Stefano Guidi/ Getty Images/ AFP

Leiji Matsumoto

Autres références

  • BANDE DESSINÉE

    • Écrit par Dominique PETITFAUX
    • 22 913 mots
    • 15 médias
    ...», désigne aujourd’hui également les films d’animation). En France, deux séries animées de science-fiction ont rapidement séduit les adolescents, le robot Goldorak, puis Albator, le « pirate de l’espace », créé dès 1969 pour une bande dessinée par Akira « Leiji » Matsumoto (1938-2023).

Voir aussi