LE TAMBOUR, film de Volker Schlöndorff

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Le retour du refoulé

Le roman de Günter Grass est dense et touffu. Il dresse une fresque picaresque et ironique de l'histoire de l'Allemagne du Nord et de l'enclave de Dantzig. Les scénaristes ont élagué le récit avec le concours du romancier qui a écrit les dialogues du film et le commentaire sarcastique du jeune Oscar. Celui-ci, atteint de nanisme à la suite de son accident, est interprété par un jeune garçon, David Bennent, le fils de l'acteur Heinz Bennent qui interprète lui-même le rôle d'un allemand pro-nazi Greff, à la nuque rasée et en short de cuir. David Bennent incarne Oscar à tous les âges, depuis son existence intra-utérine (on le voit naître) jusqu'à son âge adulte : le film précise son année de naissance, 1924, et s'achève à la fin de la guerre.

Les conflits interethniques entre Allemands, Polonais et Kachoubes, à l'orée de la Seconde Guerre mondiale, sont vus par le regard d'un enfant espiègle, qui ne cesse de marteler l'activité des adultes par le battement de son tambour. Chaque fois qu'il n'obtient pas ce qu'il désire, il pousse de surcroît des cris suraigus – expression sonore de la folie du monde.

Le destin d'Oscar est étroitement lié à celui du trio formé par ses parents et son oncle supposé. Le récit privilégie la sexualité liée à la dévoration alimentaire et à la violence car elle est perçue par le regard d'un nain.

Au cours du prologue, la mère d'Oscar est conçue par un fuyard sous les jupes d'une paysanne. Plus tard, Oscar se jette d'un escalier dans une cave. Puis, pendant le siège de la poste, il se retrouve avec son oncle Jan (en fait son véritable père) dans une autre cave. L'histoire officielle est associée à celle des bas-fonds, comme à celle des clochers d'église quand Oscar décide d'aller y pousser ses cris.

Aux pommes de terre du début du film, brûlées par la grand-mère, viennent s'ajouter les anguilles que le père va cuisiner, puis les poissons crus que la mère ingurgite compulsivement avant de se suicider.

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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  • Écrit par 
  • Nelly FEUERHAHN
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Dans le chapitre « L’image dans tous ses états »  : […] Les affiches constituent une partie des productions consacrées aux spectacles. Parmi elles, Le Tambour pour le film de Volker Schlöndorff (1979) adapté du roman éponyme de Günter Grass (1959). On y voit Oscar, l’enfant héros du film qui refuse de grandir sous le régime nazi, confondu graphiquement avec son tambour. Il bat la mesure d’un temps inacceptable, comme le fit sans doute Topor avec ses […] Lire la suite

Pour citer l’article

Michel MARIE, « LE TAMBOUR, film de Volker Schlöndorff », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/le-tambour-volker-schlondorff/