NOVOMESKY LACO (1904-1976)

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à Budapest dans une famille slovaque qui, en 1919, reviendra s'installer à Senica, en Slovaquie, peu après la création de la République tchécoslovaque, Laco Novomesky se destine à la carrière d'enseignant, mais il y renonce en raison de son caractère tourmenté : il se lance dans le journalisme et dans le tumulte des mouvements littéraires et sociaux. En 1925, il adhère au Parti communiste tchécoslovaque, après avoir publié ses premiers vers et articles dans la presse communiste slovaque. Avec Vladimir Clementis (qui deviendra en 1948 ministre des Affaires étrangères avant d'être condamné à Prague pour « nationalisme bourgeois » et exécuté en 1952 au côté de Rudolf Slánský), Novomesky dirige la revue littéraire Dav, qui introduit en Slovaquie les nouveaux courants de la littérature occidentale, et notamment d'excellentes traductions des surréalistes français. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Slovaquie devient un État indépendant, allié de l'Axe, et le Parti communiste y est mis hors la loi. Novomesky entre donc dans la clandestinité et participe activement à l'organisation du soulèvement slovaque contre les Allemands, au cours de l'été de 1944. Tout comme le futur président de la République, Gustav Hušak, Novomesky est membre du comité central du Parti communiste slovaque interdit. C'est à ce titre qu'il se rend en grand secret à Londres, en octobre 1944, pour y négocier avec le président tchécoslovaque exilé Edouard Beneš les modalités de la restauration de la République tchécoslovaque après la guerre. À l'instar des autres leaders communistes slovaques, il est alors partisan d'une autonomie nationale et administrative de la Slovaquie, dans le cadre cependant d'une étroite collaboration avec les Tchèques.

En mai 1945, lorsque son pays est libéré de l'emprise nazie, Novomesky devient membre du praesidium du comité central du Parti communiste slovaque, poverenik (ministre pour la région de Slovaquie) de l'Éducation et de la Culture, et président de l'Institut culturel slovaque Matica. Mais la disgrâce est proche : au début des années 1950, il est accusé, de même que Clementis et Hušak, de « déviation nationaliste-bourgeoise », destitué de toutes ses fonctions, exclu du parti et finalement condamné, en avril 1954, à dix ans de prison. Bénéficiant d'une libération anticipée, en décembre 1956, il devra attendre décembre 1963 pour obtenir sa réhabilitation civique et politique, la direction du P.C.T. ayant alors estimé que « Novomesky s'était toujours tenu sur le terrain des luttes pour le socialisme conduites par le parti... »

Physiquement diminué et guéri de son enthousiasme révolutionnaire, Novomesky ne s'engagera désormais que pour obtenir la complète réhabilitation de ses camarades qui avaient été injustement condamnés et pour dénoncer l'utilisation abusive de la justice à des fins politiques. Au cours du Printemps de Prague (1968), ses sympathies vont à Dubček et à ses « réformistes ». Il les met cependant en garde contre toute précipitation dans les réformes qui devraient aboutir, à son avis, à l'amélioration et non pas à la liquidation du socialisme.

Parallèlement au rôle politique qu'il a joué, Novomesky a eu une importante activité littéraire. Dans son premier recueil poétique intitulé Nedela, 1927 (« Dimanche »), il parle de l'adolescent qu'il fut, qui aurait voulu « de son chant changer le monde » et qui a dû reconnaître la vanité de ce rêve. Il a cherché à découvrir le sens et la nature de l'univers afin de se créer une nouvelle vision du monde, aussi merveilleuse mais plus solide que « le beau rêve de son enfance ».

La démarche poétique de Novomesky n'a rien d'une recherche introspective, elle s'inscrit dans un contexte plus large, à la recherche d'une poésie socialiste slovaque. Dans le cercle intellectuel de la revue Dav, Novomesky participe très activement aux débats concernant les problèmes d'esthétique et se range d'emblée parmi les défenseurs de la poésie « prolétarienne ». Il s'inspire de la vie quotidienne ou de l'actualité sociale et, dès son second recueil poétique, Romboid (« Rhomboïde »), publié en 1932, il s'affirme dans ce qu'on pourrait appeler la « ballade prolétarienne », où il s'agit d'explorer la réalité du quotidien et de mettre en évidence ce qui est patent, bien que les gens refusent de le voir parce que cela gêne : l'injustice, la misère, les drames qui se jouent [...]

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Pavel TIGRID, « NOVOMESKY LACO - (1904-1976) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/laco-novomesky/