KANSAS CITY

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Installée au sud-est du confluent des rivières Missouri et Kansas, et à cheval sur les deux États du même nom, Kansas City (abrégée en KCMO, Kansas City Missouri, pour la différencier de KCK, Kansas City Kansas, édifiée de l’autre côté de la rivière et de moindre importance) est au centre de la deuxième agglomération du Missouri (2,1 millions d’habitants en 2016) après Saint Louis, même si elle en est la ville la plus peuplée (481 000 habitants). Longtemps assimilée au transport du bétail et ainsi surnommée Cowtown (« la ville des vaches »), Kansas City se réinvente autour d’une économie plus diversifiée.

États-Unis : carte administrative

Carte : États-Unis : carte administrative

Carte administrative des États-Unis. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher l'atlas

Dès le xviiie siècle, le confluent des rivières Missouri et Kansas, utilisé depuis longtemps pour les échanges par les Indiens (notamment les Kaw, encore appelés Kansa, qui donneront leur nom à la ville et à l’État), est repéré par le Français Étienne de Veniard, sieur de Bourgmont, comme un lieu privilégié pour le commerce de fourrures. Les deux rivières sont en effet utilisées pour la navigation et intégrées à des routes continentales indiennes. En 1821, le Français François Chouteau y crée un poste de commerce permanent sur le fleuve, qu’il nomme « le village des Kansa », et y construit la première église catholique. En 1833, John Calvin McCoy soutient ce développement en créant un nouveau village abrité des crues du fleuve : Westport (en référence au dernier point de ravitaillement avant d’emprunter les chemins de l’Ouest) est alors fondé à l’emplacement du centre-ville actuel et relié à la zone de débarquement sur le fleuve, renommée Westport Landing. Au xixe siècle, les routes intérieures, empruntées par les colons lors du déplacement de la frontière vers l’Ouest (Santa Fe Trail, California Trail, Oregon Trail), permettent, l’installation éphémère de Français, puis de mormons, et la création d’Independence, qui fait partie aujourd’hui de l’agglomération. Intégrée officiellement dans l’État du Missouri en 1853, City of Kansas est renommée Kansas City en 1889. Située à la frontière entre un État esclavagiste (le Missouri) et un territoire abolitionniste (le Kansas), la ville est le théâtre de batailles décisives lors de la Guerre de Sécession, notamment à Independence.

Comme c’est le cas pour beaucoup de villes de la frontière, le chemin de fer lui permet de prendre l’ascendant sur les villages voisins (Independence, Leavenworth), notamment par l’édification du pont ferré enjambant le Missouri. Elle devient alors le nœud ferroviaire le plus fréquenté du pays après Chicago, et d’immenses parcs à bestiaux, alimentés par les élevages de tout le Midwest, sont construits aux abords des gares. Une période faste s’amorce alors pour Kansas City, qui connaît un fort développement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Le percement d’avenues et la construction de grands édifices, l’aménagement de parcs font de Kansas City une grande ville, tandis que la prohibition côté Kansas favorise la vie nocturne côté Missouri : Count Basie ou Charlie Parker y écrivent les grandes heures du jazz. Toutefois, le système clientéliste mis en place par les politiciens James puis Tom Pendergast, de 1890 à 1940, entraîne la cité dans la corruption.

Si l’industrie de l’armement dynamise l’économie locale pendant la Seconde Guerre mondiale, l’activité de la ville, fondée sur le chemin de fer et le bétail, est remise en question par la part croissante des transports routiers et aériens à partir des années 1950, même si la compagnie aérienne TWA est installée à Kansas City depuis 1931. La grande inondation des parcs à bestiaux de West Bottoms, lors de la crue de 1951, touche également la ville, qui tente ensuite de se départir de son image « Cowtown ». Parallèlement, la démocratisation de la voiture individuelle et les émeutes de 1968 qui suivent l’assassinat de Martin Luther King contribuent à une plus grande ségrégation spatiale et au départ vers les banlieues des populations blanches les plus solvables. Toutefois, la politique municipale d’annexion de nouveaux territoires au nord du Missouri permet de limiter les dégâts de la crise urbaine, qui touche la plupart des villes-centres américaines. En 1970, Kansas City est cinq fois plus étendue qu’en 1940, mais elle ne compte que 100 000 habitan [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Les derniers événements

17-30 juillet 2020 États-Unis. Envoi d'agents fédéraux à Portland.

Le 22, l’exécutif annonce le déploiement de forces fédérales supplémentaires à Chicago (Illinois), Kansas City (Missouri) et Albuquerque (Nouveau-Mexique). Le 24, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme affirme que les manifestations antiracistes pacifiques aux États-Unis « doivent pouvoir se poursuivre » sans crainte d’« arrestations arbitraires » ou d’un « usage disproportionné de la force ». […] Lire la suite

Pour citer l’article

Laurent VERMEERSCH, « KANSAS CITY », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/kansas-city/