KALHANA (fin XIe s.)

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La seule œuvre indienne de langue sanskrite qui ressemble au genre historique occidental est la chronique des souverains du Cachemire, La Rivière des rois (Rāja-taraṅgiṇī). Ces « annales », où la succession des chefs d'État est comparée à un collier de joyaux, est due à un brahmane local, nommé Kalhana, qui vécut probablement à la fin du xie siècle. En fait, son livre ressemble plus à un recueil de merveilles qu'à un ouvrage historique : on y apprend notamment qu'un prince a régné trois siècles, qu'un autre a succédé à son père sept cents ans après le décès de celui-ci, que la conquête de Ceylan s'est faite grâce à l'intervention du dieu Varuna, qui rendit la mer aussi dure que la terre. Il arrive cependant à Kalhana de s'intéresser à la vie quotidienne et de réfléchir en moralisateur sur les passions qui perdent les rois. Il n'épargne pas les puissances sociales de son pays et n'hésite pas, lorsque l'occasion se présente, à se moquer de la cupidité des brahmanes. Cependant, c'est surtout par le talent avec lequel il manie le sanskrit qu'il s'est imposé dans la littérature indienne en cette langue, mais aussi peut-être à cause du caractère unique de son œuvre dans une culture où l'histoire est quasiment ignorée.

—  Jean VARENNE

Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université de Lyon-III

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Pour citer l’article

Jean VARENNE, « KALHANA (fin XIe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/kalhana/