PRIMO DE RIVERA JOSÉ ANTONIO (1903-1936)

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Fils aîné du général espagnol Miguel Primo de Rivera qui exerça la dictature de 1923 à 1930. Brillant avocat au barreau de Madrid, José Antonio Primo de Rivera ne fit de la politique active qu'après la mort de son père, dont il était soucieux de défendre la mémoire. Après un échec aux élections législatives d'octobre 1931, il étudia les récentes expériences fasciste et nazie, qu'il jugea inapplicables à son pays, et s'intéressa aux groupuscules nationalistes nés en Espagne depuis 1930, en particulier aux Juntes offensives national-syndicalistes (J.O.N.S.) créées en 1931 par Ramiro Ledesma Ramos et Onésimo Redondo. Le 29 octobre 1933, au théâtre de la Comédie à Madrid, il fonda, avec l'aviateur Ruíz de Alda, la Phalange espagnole qui recruta ses premiers adhérents dans les classes moyennes et chez les étudiants, et qui eut son journal, Fe, précurseur d'Arriba. Élu député de Cadix en novembre 1933, il commença à préciser sa doctrine (le « programme en vingt-sept points » de la Phalange fut élaboré en novembre 1934). Rejetant le libéralisme et la monarchie, il affirmait que la nation offrait au peuple espagnol l'idéal d'une grande entreprise solidaire (« le destin dans l'universel »), sans divisions politiques ni luttes de classes, avec un gouvernement autoritaire réalisant la justice sociale et abolissant les abus du capitalisme grâce à des nationalisations modérées et au dirigisme économique. Ce « fascisme espagnol » original, dont le point commun avec le fascisme et le national-socialisme était un nationalisme fanatique, se différenciait d'eux par son absence de racisme, son rejet de l'État totalitaire, son respect de la religion, son caractère plus passionné qu'idéologique. « Fasciste malgré lui et libéral qui s'ignore », Primo de Rivera chercha en vain un rapprochement avec les socialistes modérés d'Indalecio Prieto et avec les anarcho-syndicalistes dissidents d'Ángel Pestaña. Il réalisa alors à Valladolid, le 4 mars 1934, la fusion de la Phalange et des J.O.N.S., sous le nom de Phalange espagnole des J.O.N.S., dont il devint peu après le chef unique. Les attentats dont les phalangistes furent victimes le contraignirent à autoriser ses partisans à exercer des représailles (« terrorisme phalangiste »). Aux élections législatives du 16 février 1936, il fut battu, la Phalange mise hors la loi par le gouvernement de front populaire et lui-même incarcéré à Madrid, puis à Alicante (juin 1936). La Phalange comptait alors 75 000 membres. De sa prison, il ne donna qu'à contrecœur et au dernier moment l'ordre de se rallier au soulèvement militaire du 18 juillet. Quatre mois après, il fut condamné à mort par le tribunal populaire d'Alicante et exécuté le 20 novembre 1936. Le mouvement franquiste le considère comme un martyr. Après la guerre civile, sa dépouille mortelle fut transportée à l'Escorial, puis dans le monument du Valle de los Caídos élevé à la mémoire des morts de la guerre civile.

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André DESSENS, « PRIMO DE RIVERA JOSÉ ANTONIO - (1903-1936) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jose-antonio-primo-de-rivera/