STRUENSEE JOHANN FRIEDRICH comte von (1737-1772)

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Fils de pasteur, formé à l'université de Halle, Johann Friedrich von Struensee est médecin d'Altona, alors ville danoise (1758). Nommé médecin personnel de Christian VII, qui souffre d'un déséquilibre mental, pendant son tour européen (1768-1769), il est au retour à Copenhague archiatre de la cour. Amant de la reine Caroline-Mathilde, il fait disgracier le ministre des Affaires étrangères H. H. E. Bernstorff en 1770, supprimer le Conseil privé aristocratique, remercier les chefs des collèges ministériels ; la charge de stathouder de Norvège est abolie. Il est nommé ministre du cabinet privé avec pleins pouvoirs le 14 juillet 1771 et fait comte. Représentant du despotisme éclairé, influencé par l'Aufklärung et les encyclopédistes français, il entreprend une réforme radicale de la justice et de l'administration en seize mois. Près de deux mille ordres de cabinet sont émis : transformation des chancelleries danoise et allemande, de la Chambre des comptes, du bureau des douanes, du collège du commerce, de l'amirauté, des postes en bureaux avec départements. Un collège des Finances est institué, administrant tous les revenus et dépenses de l'État. Struensee réalise des économies dans le budget de la cour, diminue les pensions et les subventions mercantilistes, réorganise le « magistrat » (corps municipal) de Copenhague, instaure un tribunal de la cour et de la ville et proclame l'abolition de la torture ; il favorise l'expansion économique en allégeant la corvée paysanne, en consentant des prêts aux fermiers pour les faire accéder à la propriété, et en confiant aux frères moraves le développement de la manufacture de toiles et de cuirs de Christiansfeldt. La liberté individuelle et celle de la presse se retournent contre lui lors de la crise de la Conjoncture de 1772. Les piétistes s'indignent de sa tolérance. Un complot ourdi par la reine douairière, Juliana Maria, aboutit à son arrestation ainsi qu'à celle de la reine Caroline ; il meurt décapité.

—  Claude NORDMANN

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Dans le chapitre « Au temps des Lumières et du piétisme »  : […] La monarchie, tenue à des dépenses de fonctionnement administratif et de prestige accrues, dut procéder à la vente d'importantes terres de la Couronne, qui passèrent entre les mains de créanciers bourgeois. Il en fut de même pour des terres de la noblesse. En 1733, les propriétaires terriens obtinrent une nouvelle forme de contrainte, le stavnsbaand , qui rivait les paysans à leur terre natale, de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/danemark/#i_16485

Pour citer l’article

Claude NORDMANN, « STRUENSEE JOHANN FRIEDRICH comte von (1737-1772) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/johann-friedrich-struensee/