BAEZ JOAN (1941- )

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Symbole d'une génération protestataire, ancienne compagne de Bob Dylan, ardente militante des droits civiques, engagée contre les guerres et conflits – du Vietnam à l'Irak –, auprès du syndicat Solidarité, en Pologne, d'Andreï Sakharov, des mères de disparus en Argentine et au Chili, la chanteuse américaine Joan Baez a joué dans les années 1960 et 1970 un rôle prépondérant dans le succès de la musique folk auprès des jeunes. Malgré le déclin inévitable de ce renouveau musical, elle demeure une artiste populaire en ce début de xxie siècle. En se produisant en tournée à travers le monde aux côtés de musiciens et de chanteurs plus jeunes et en multipliant ses prises de position politiques, elle réussit à toucher un nouveau public, aux États-Unis comme ailleurs. Son sens de l'engagement et sa voix inimitable sont toujours largement salués.

Joan Chandos Baez naît le 9 janvier 1941, à Staten Island (État de New York). Fille d'un physicien d'origine mexicaine que l'enseignement et la recherche mènent notamment à New York et en Californie, Joan Baez déménage souvent. Enfant, elle reçoit une formation musicale succincte et s'initie dans un premier temps au ukulélé. Elle passe cependant bientôt à la guitare, composant ses propres arrangements pour accompagner sa voix de soprano, d'une très grande beauté, et sort en 1960 son premier album solo, Joan Baez. Cette séduisante et jeune activiste dotée d'un joli timbre va être au premier plan de la renaissance de la chanson folk dans les années 1960, popularisant les chansons traditionnelles par ses interprétations dans des cafés, lors de festivals de musique, à la télévision et sur ses albums. Ces derniers atteindront les sommets des ventes entre 1960 et 1964 et resteront populaires par la suite. Joan Baez joue un rôle important dans les débuts de Bob Dylan, qu'elle a rencontré en 1961, et dont elle partagera la vie pendant plusieurs années (sa relation avec Bob Dylan, ainsi qu'avec sa sœur Mimi Baez et son beau-frère, qui forment le duo folk Mimi and Richard Fariña, est racontée dans l'ouvrage de David Hajdu Positively 4th Street : the Lives and Times of Joan Baez, Bob Dylan, Mimi Baez Fariña, and Richard Fariña, Farrar, Straus and Giroux, New York, 2001). Joan Baez se fait connaître avec deux chansons emblématiques : une reprise de The Night They Drove Old Dixie Down (1971), interprétée à l'origine par le groupe The Band, ainsi que Diamonds and Rust (1975), chanson à succès de l'album éponyme, acclamé par le public et la critique.

Militante engagée dans les mouvements de protestation des années 1960, Joan Baez donne des concerts gratuits au profit de l'U.N.E.S.C.O., d'organisations de défense des droits civiques et de rassemblements contre la guerre du Vietnam. Elle refuse de payer les impôts fédéraux qui alimentent le budget de la défense en 1964 et sera incarcérée à deux reprises en 1967. L'année suivante, elle épouse David Harris, l'un des chefs de file du mouvement qui s'oppose à l'envoi de soldats américains au Vietnam, qui passera près de deux ans en prison pour s'être soustrait à la conscription (ils divorceront en 1973). Joan Baez se trouve en décembre 1972 à Hanoï, où elle a apporté des cadeaux de Noël et du courrier aux prisonniers de guerre américains, lorsque les États-Unis lancent sur la capitale du Vietnam du Nord le bombardement le plus intense de la guerre. Elle relatera cette expérience dans la chanson-titre de l'album Where Are You Now, My Son ? (1973) ; ce morceau parlé de 23 minutes est ponctué de sons que l'artiste a enregistrés pendant l'attaque aérienne. Au fil des ans, Joan Baez demeure très engagée sur le plan social et politique, prêtant régulièrement sa voix lors de concerts dédiés à de multiples causes.

Parmi les principaux enregistrements de Joan Baez, mentionnons Farewell Angelina (1965), Any Day Now (1968), One Day at a Time (1970), Gracias a la Vida (1974), Diamonds & Rust (1975), Gulf Wind (1976), Honest Lullaby (1979), Very Early Joan (1983), Speaking of Dreams (1989), Play me Backwards (1992), Gone from Danger (1997), Bowery Songs (2005), Day After Tomorrow (2008). Joan Baez a écrit une autobiographie, Daybreak. An Intimate Journal (Dial Press, New York, 1968 ; trad. de l'américain par Marcelle Sibon, Le Lever du jour, Stock, Paris, 1968), et des Mémoires intitulés And a Voice to Sing With (Summit Books, New York, 1987 ; trad. de l'américain par Danielle Michel-Chich, Et une voix pour chanter, Presses de la Renaissance, Paris, 1988).

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  • Eugène LLEDO
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« BAEZ JOAN (1941- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/joan-baez/