JIN PING MEI [KIN P'ING MEI] (fin XVIe s.), roman

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Le Jin Ping Mei, roman-fleuve de la fin du xvie siècle, en cent chapitres, se range parmi la demi-douzaine de chefs-d'œuvre de la littérature romanesque chinoise en langue vernaculaire. Ouvrage anonyme auréolé d'une réputation pornographique, noir et burlesque, érotique et satirique, il reste largement tributaire des conventions de la narration orale. En dépit de son caractère composite, il présente une texture d'une finesse et d'une unité sans précédent en Chine dans une œuvre de cette dimension. Jamais les ressources de la langue populaire n'ont été exploitées avec une égale maîtrise. Admiré ou réprouvé, ce livre plein de fiel n'a pas cessé d'inspirer les écrivains et de fasciner les lecteurs : le premier grand roman de mœurs chinois reste inégalé.

Le titre est à double entente : « Prunier dans le vase d'or », évocation de luxe et de luxure ; c'est en fait une allusion à trois des personnages féminins du roman, Pan Jinlian (Lotus d'Or), Li Pinger (Vase) et Chunmei (Prunier au Printemps), respectivement les cinquième et sixième concubines de Ximen Qing, et une servante de Lotus d'Or.

La vie privée d'un homme d'affaires polygame

Le Jin Ping Mei se greffe sur un épisode du Shui hu zhuan (Au bord de l'eau), le fameux roman populaire qui chante les exploits d'une bande de hors-la-loi. Wu Song, qui vient de tuer à poings nus un tigre, rejoint son frère, avorton incapable de satisfaire sa jeune et jolie épouse, Lotus d'Or. Repoussée par son loyal beau-frère, elle se donne à Ximen Qing, apothicaire amateur de femmes, tyranneau rusé et redouté. À l'instigation de l'entremetteuse, tenancière de la maison de thé voisine, l'adultère se débarrasse par l'arsenic du mari alerté. Rentrant de mission, Wu Song tue les trois responsables de la mort de son frère. Dans le Jin Ping Mei, il échoue, est condamné à l'exil pour le meurtre d'un fonctionnaire subalterne soudoyé par Ximen Qing et ne reviendra venger son frère qu'au 87e chapitre. Entraîné par l'insatiable Lotus d'Or à prendre une dose excessive d'a [...]


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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-VII, responsable de la section d'études chinoises à l'université de Bordeaux-III

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Pour citer l’article

André LEVY, « JIN PING MEI [KIN P'ING MEI] (fin XVIe s.), roman », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 juin 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jin-ping-mei-kin-p-ing-mei-roman/