MEISSONIER JEAN-LOUIS ERNEST (1815-1891)

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« Le succès qu'il obtient, les honneurs dont on l'accable me font toujours chercher en lui un homme que je ne trouve pas » : ce scepticisme de Zola, proféré dès 1867, marque bien la paradoxale situation de Meissonier. Peintre admiré, adulé, dont les toiles valaient si cher qu'il n'entra en force au Louvre qu'en 1909, grâce au legs du richissime Chauchard, Jean-Louis Meissonier est tombé presque aussitôt dans un discrédit total dont il ne s'est dégagé que grâce à l'intervention inattendue de Salvador Dalí.

Comment expliquer la gloire sans pareille du peintre qui, après un court mais fructueux passage dans l'atelier de Léon Cogniet et des débuts assez difficiles de vignettiste, commence à exposer au Salon de 1834, conquiert richesse et honneurs (première médaille en 1848, membre de l'Institut en 1861, médaille d'honneur en 1867, grand-croix en 1889, etc.), fait même organiser en 1890 son « Salon » ? « Le premier contre-sens est celui des plaisirs de l'infiniment petit. Il s'est posé le problème de faire tenir le monde entier sur une carte de visite », résumait Louis de Fourcaud. Certes ses formats sont réduits. Même s'il fut tenté par de vastes compositions (le projet du Siège de Paris, 1870-1871, dont le musée d'Orsay à Paris conserve l'esquisse, ou la commande jamais réalisée pour le Panthéon), il est vrai que l'espace restreint avait les préférences de l'artiste et celles du public. Mais la petitesse de la surface n'est pas celle du métier. Au contraire ! Meissonier ne se regarde pas à la loupe, comme les bourgeois de Tours dont se moque Coquiot dans ses Gloires déboulonnées. Le paradoxe est que le métier, même serré, reste large et franc, comme en témoignent les nombreuses études de détail sur petits panneaux de bois verni qui constituaient les archives de Meissonier, ou des œuvres inachevées comme la Barricade, souvenir de 1848 du Salon de 1850-1851 (Louvre) qui tient sa place entre Delacroix et Daumier. La distance avec les impressionnistes n'est pas tellement grande si l'on considère une œuvre aussi lumineuse que la Promenade à cheval à Antibes (1868, musée d' [...]

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Bruno FOUCART, « MEISSONIER JEAN-LOUIS ERNEST - (1815-1891) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-louis-ernest-meissonier/