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PIERRE JEAN-BAPTISTE MARIE (1713-1789)

Il est de ces artistes dont l'importance se mesure peut-être mieux à leur rôle administratif qu'à leur œuvre proprement dite. Jean-Baptiste Marie Pierre vécut jusqu'en 1789, mais sa carrière de peintre se termine pratiquement en 1770, quand il succède à François Boucher comme premier peintre, à la mort de l'artiste. Autant son prédécesseur était peu porté à s'inquiéter du « détail des arts », autant Pierre y attacha de zèle, se faisant l'interprète docile, mais avisé, du comte d'Angiviller.

C'est ainsi que le triomphe du mouvement néo-classique se fit sous la direction d'un artiste qui lui-même avait donné plus d'un gage au goût rococo durant sa carrière de peintre. Les petits tableaux à sujets rustiques qu'il exécute dans les années 1735-1740 ne sont pas bien éloignés des paysages de Boucher. Il est vrai pourtant que Pierre, dans les sujets qui le requièrent, manifeste une fidélité au style noble et un respect des grands modèles bien différents de la désinvolture de Boucher. Le plafond de l'Assomption, ou Triomphe de la Vierge qu'il peint en 1756 à l'église Saint-Roch (chapelle de la Vierge), malgré les restaurations qu'il a subies, montre la science de Pierre dans l'enchaînement des figures et la répartition des lumières. Sa Déposition de croix (1761, Saint-Louis de Versailles), tableau noble et largement peint, s'inspire visiblement d'Annibale Carrache ; la simplicité de coloris et la qualité plastique du groupe central font de cette œuvre l'une de celles où se marque le mieux le retour à un goût sévère.

Conserver ou restaurer la hiérarchie des genres dans les beaux-arts, en particulier la peinture : tel est le souci que l'on décèle dans la carrière de Pierre, souci qui devait en faire l'exécutant fidèle des directives de M. d'Angiviller.

— Georges BRUNEL

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Écrit par

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres, conservateur des objets d'art des églises de la Ville de Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • CRITIQUE D'ART

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    • 2 904 mots
    • 1 média
    ...pensée et qui doit obéir à un double système de figures d'expression et de figures de construction. C'est ainsi, dans le Salon de 1761, que Diderot corrige le Jugement de Pâris de J. B. Pierre en définissant une autre mise en scène et d'autres caractères (la composition est une combinaison de caractères)....

Voir aussi