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STARKER JÁNOS (1924-2013)

Violoncelliste et pédagogue américain d'origine hongroise. János Starker, né à Budapest le 5 juillet 1924, aborde la musique dès l'âge de six ans, jetant son dévolu sur le violoncelle : en 1930, il entre dans la classe d'Adolf Schiffer, qui a succédé à David Popper à l'Académie Franz-Liszt de la capitale hongroise. Il étudie la composition avec Zoltán Kodály et côtoie Béla Bartók ainsi qu'Ernö Dohnányi. Il aborde la musique de chambre avec Leó Weiner mais aussi avec Imre Waldbauer – un des fondateurs du Quatuor hongrois (Quatuor Waldbauer-Kerpely) – et Dezsö Rados, deux violonistes considérés à l'époque comme « scientifiques », c'est-à-dire férus tout autant de neurologie, d'anatomie et de biologie que de musique. Ces professeurs auront une influence profonde et durable sur les conceptions de l'instrumentiste et du pédagogue.

János Starker est durant deux ans violoncelle solo à la fois à l'Orchestre de l'Opéra et à l'Orchestre philharmonique de Budapest (1945-1946). En 1946 cependant, il quitte la Hongrie et se fixe à Paris, où il réalise le premier enregistrement mondial de la Sonate, opus 8, pour violoncelle seul de Kodály, qui obtient le grand prix du disque et attire l'attention sur lui. Il s'établit aux États-Unis en 1948 et devient le violoncelle solo de l'Orchestre symphonique de Dallas que dirige alors Antal Dorati (1948-1949). De 1949 à 1953, il est chef de pupitre et soliste de l'Orchestre du Metropolitan Opera de New York, sous la baguette de Fritz Reiner. Il entretient avec ce grand chef une relation quasi filiale et il le suit quand il prend les rênes de l'Orchestre symphonique de Chicago (1953-1958). En 1954, il adopte la nationalité américaine.

En 1958, Starker décide de renoncer à la sécurité des fonctions orchestrales pour se consacrer à une carrière de soliste et d'enseignant. Il devient professeur de violoncelle à l'Indiana University School of Music, à Bloomington (Indiana), où il retrouve l'esprit qui régnait, avant guerre, à l'Académie Franz-Liszt de Budapest. Il commence à y écrire An Organized Method of String Playing (« Une méthode organisée du jeu des cordes »), ouvrage, publié en 1961, qui rassemble, en une théorie personnelle, les principes rationnels et fondamentaux qui commandent, selon lui, l'étude instrumentale. En 1962, il est rejoint à Bloomington par son compatriote et ami d'enfance György Sebök, qui vient y enseigner le piano et avec lequel il fonde un remarquable duo. Il conseille alors de nombreuses formations symphoniques américaines. Il constitue durant deux ans un mémorable trio avec le violoniste Josef Suk et le pianiste Julius Katchen, juste avant la mort de ce dernier, en 1969 ; ce trio gravera une version de référence des trois Trios de Brahms.

Dans un répertoire très vaste, qui commence avec Vivaldi et Jean-Sébastien Bach, Starker offre à la musique contemporaine une place inusitée. Il a créé le Concerto pour violoncelle de Bernhard Heiden (1967), le Concerto pour violoncelle de Miklós Rózsa (1969) ainsi que des pages signées Bohuslav Martinů, Zoltán Kodály, David Baker, Antal Dorati, David Diamond, Jean Martinon, Robert Starer, Peter Mennin.

Starker possède un Matteo Goffriller de 1706, le « Star », et un Giuseppe Giovanni Battista Guarneri de 1707, le « Nova ». Il a inventé un chevalet dont la forme spéciale et les pieds percés de perforations coniques améliorent le son et enrichissent les harmoniques.

János Starker impressionne par une extraordinaire aisance technique. Son jeu, débarrassé de tout geste superflu, semble se développer sans effort. Le son, charnu, reste net et incisif, l'expression retenue et maîtrisée. La rigueur et la sobriété de son style déroutent parfois un public avide de grands effets romantiques et de séductions faciles. Mais ses interprétations[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )