RUSSELL JANE (1921-2011)

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Actrice et chanteuse américaine, Jane Russell est restée fameuse pour sa plastique voluptueuse et la forte charge érotique des personnages qu'elle incarna à l'écran.

Née le 21 juin 1921 à Bemidji, dans le Minnesota, Ernestine Jane Geraldine Russell part s'installer en Californie avec sa famille durant sa prime enfance. Sa mère, autrefois actrice, l'encourage à s'intéresser au théâtre et à la musique. La jeune fille fréquente ainsi un temps l'école d'art dramatique du metteur en scène autrichien Max Reinhardt à Los Angeles et suit brièvement les cours de Maria Ouspenskaïa. Elle travaille comme réceptionniste quand le producteur et milliardaire Howard Hughes la découvre et lui propose son premier rôle, plein de sensualité, dans The Outlaw (1943, Le Banni) dont il va être le réalisateur après la défection d'Howard Hawks. Howard Hughes cherche en effet depuis longtemps une femme pleine d'assurance à la silhouette plantureuse pour incarner Rio McDonald, jeune héroïne prisonnière d'un triangle amoureux qui la lie aux hors-la-loi Billy the Kid et Doc Holliday. Censuré en partie à cause de la tenue provocante de Jane Russell sur certaines affiches publicitaires, en partie à cause de la propension de Hughes à mettre en valeur la poitrine de l'actrice, le film demeure inconnu du grand public pendant quelques années. Sorti sur les écrans en 1943, il est ensuite interdit jusqu'en 1946. Il n'est alors projeté que sporadiquement, provoquant des manifestations ainsi que de nouvelles censures et batailles juridiques. Ce n'est qu'en 1950 que l'œuvre fait sa réapparition officielle dans les salles.

Pendant les nouvelles séances de tournage et le montage de The Outlaw, Hughes, qui a fait signer à Jane Russell un contrat d'exclusivité pour sept ans, la tient à l'écart de l'écran. Durant toute cette période, elle ne figure à l'affiche que d'un seul autre film, le mélodrame Young Widow (1946, L'Esclave du souvenir), produit par la RKO. Malgré ces rares apparitions au début des années 1940, la controverse qui entoure The Outlaw ne fait que renforcer la curiosité du public à l'égard de l'actrice. Celle-ci devient également l'une des pin-up préférées des G.I. pendant la Seconde Guerre mondiale.

Si son image de sex-symbol domine pendant une grande partie de sa carrière, Jane Russell n'en est pas moins reconnue pour ses talents de comédienne et de chanteuse. Elle donne ainsi la réplique à Bob Hope dans The Paleface (1948, Visage pâle) et dans sa suite, Son of Paleface (1952, Le Fils de Visage pâle). Ces deux films, qui mettent en valeur la technique vocale de l'actrice, remportent chacun une nomination pour l'oscar de la meilleure chanson, que le premier voit concrétisé par une victoire grâce à l'interprétation de « Buttons and Bows ». Mais c'est au côté de Marilyn Monroe que Jane Russel interprète un de ses rôles les plus célèbres dans la comédie musicale de Howard Hawks, Gentlemen Prefer Blondes (1953, Les hommes préfèrent les blondes). L'actrice reprendra le personnage de la brune ironique dans la suite, intitulée Gentlemen Marry Brunettes (1955, Les hommes épousent les brunes). Si Jane Russell a connu une carrière inégale, elle n'en a pas moins joué dans des films d'importance, tels que Macao (1951) de Josef von Sternberg, The Revolt of Mamie Stover (1956, Bungalow pour femmes) de Raoul Walsh, ou encore Hot Blood (1956, L'Ardente Gitane) de Nicholas Ray.

Parallèlement au cinéma, Jane Russell rencontre le succès dans le domaine de la chanson. Dans les années 1940, elle apparaît dans le programme radiophonique du chef d'orchestre Kay Kyser. Elle se lance ensuite dans une carrière musicale au cours de laquelle elle enregistre plusieurs albums, en solo ou avec diverses formations, et se produit dans les clubs. En 1971, elle fait ses débuts à Broadway, lorsqu'elle remplace Elaine Stritch dans la comédie musicale Company.

Jane Russell est également connue pour sa lutte en faveur de l'adoption et ses prises de position contre l'avortement. Dans les années 1950, elle crée le World Adoption International Fund pour aider les familles américaines à adopter à l'étranger et adopte elle-même trois enfants. Elle publie son autobiographie, intitulée Jane Russell : My Path & My Detours, en 1985. Jane Russell s'éteint le 28 février 2011 à Santa Maria, en Californie.

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Alison ELDRIDGE, « RUSSELL JANE - (1921-2011) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jane-russell/