DES BARREAUX JACQUES (1599-1673)

Magistrat et écrivain français — mais il n'a pratiquement pas exercé sa charge et n'a publié aucun livre. Son incroyance tapageuse (qui lui attire quelques mésaventures mais ne résiste ni à la maladie ni, semble-t-il, à l'approche de la mort), sa réputation de viveur et d'« illustre débauché », l'amitié qui l'a lié à Théophile de Viau (mais qu'il aurait volontiers reniée lorsqu'elle devint dangereuse) font de ce personnage, chez qui la force de caractère n'égale pas la vigueur de l'intelligence, une figure de proue du libertinage au xviie siècle. On n'a longtemps connu de lui qu'un fort beau sonnet... pieux (où le pécheur repentant déclare accepter le châtiment qui l'attend, sans désespérer de la miséricorde divine) et un fragment de chanson dans lequel Pascal a vu le résumé de sa pensée (« Et par ma raison je bute / À devenir beste brute »). Mais un érudit moderne, F. Lachèvre, a découvert dans les recueils collectifs de poésies de l'époque une cinquantaine de pièces — sonnets, élégies, stances, chansons — qui ou bien sont signées Des Barreaux, ou bien peuvent lui être attribuées avec une extrême vraisemblance, en particulier des vers amoureux adressés à Marion Delorme (dont le poète a été le premier amant) et une série de sonnets « libertins », écrits dans une belle langue ferme, où l'auteur proclame la vanité de l'homme et de sa raison et déplore la fatalité de la mort qui le précipitera dans le néant. On comprend qu'il n'ait pas été donné à ces professions de foi une trop grande publicité.

—  Bernard CROQUETTE

Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, maître assistant à l'université de Paris-VII

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LIBERTINS

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Pour citer l’article

Bernard CROQUETTE, « DES BARREAUX JACQUES - (1599-1673) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-des-barreaux/