COCHRAN JACQUELINE (1910-1980)

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L’Américaine Jacqueline Cochran a été l’une des grandes figures de l’aviation et la première femme à franchir le mur du son.

Née le 11 mai 1906 à Muscogee (Floride), Jacqueline Cochran aurait été une enfant abandonnée. Placée dans une famille de fermiers, elle grandit dans la pauvreté et doit se débrouiller seule. Très jeune, elle est envoyée en Georgie pour travailler dans une filature de coton. Plus tard, elle suit des cours et devient esthéticienne. Elle habite successivement à Montgomery (Alabama), à Pensacola (Floride) puis, à partir de 1931, à New York. Elle suit ses premiers cours de pilotage en 1932 et maîtrise rapidement les aspects techniques de l'aviation et de la navigation en vol. Par la suite, un ami continue à lui donner des cours privés à San Diego (Californie). En 1934, elle fonde une entreprise de cosmétiques qui ne cesse de croître et de prospérer jusqu'à ce qu'elle la vende en 1963.

En 1935, Jacqueline Cochran est la première femme à participer à la compétition d'aviation transaméricaine (le trophée Bendix). En 1937, elle prend la troisième place de cette compétition et, l’année suivante, elle la remporte en pilotant un avion de chasse Seversky. À différentes reprises, elle démontre des qualités qui en font l’égale des plus grands aviateurs, notamment en juin 1941, lorsqu’elle traverse l'Atlantique nord, aux commandes d’un avion militaire, en l’occurrence un bombardier. Digne héritière d’Amelia Earhart – première femme à avoir traversé l’Atlantique (en 1928 comme passagère, en 1932 en tant que pilote), disparue le 2 juillet 1937 dans l’océan Pacifique –, Jacqueline Cochran se rend alors en Grande-Bretagne pour étudier les méthodes du transport auxiliaire de l'armée de l'air britannique. Dès son retour aux États-Unis, elle crée une structure similaire au sein de l'armée de l'air américaine et, en juillet 1943, prend le commandement du corps des Women Airforce Service Pilots (WASP), qui fournit plus d'un millier de femmes pilotes aux forces armées.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Jacqueline Cochran devient pour un temps correspondante du magazine Liberty en Europe et dans le Pacifique. En 1948, elle est nommée lieutenant-colonel de réserve de l'armée de l'air américaine.

Dans le cadre de son activité de convoyage d’appareils militaires, elle pilote différents types d’avions, en particulier le P-51 Mustang, alors l’un des chasseurs monomoteurs les plus nerveux. De 1947 à mai 1951, grâce à cet appareil qu’elle maîtrise parfaitement, elle vole à des vitesses moyennes de 693 à 755 km/h, ce qui lui permet d’enrichir son palmarès de onze nouveaux records.

Dès 1951, Jacqueline Cochran se lance dans une compétition acharnée contre la Française Jacqueline Auriol pour le record du monde féminin de vitesse. En 1953, désireuse de passer aux avions à réaction, elle devient la première femme à franchir le mur du son aux commandes d'un Canadair Sabre 3, version canadienne du North American F-86 Sabre. Cette même année, elle bat les records du monde dans des courses de 15, 100 et 500 kilomètres. Son autobiographie, The Stars at Noon, écrite en collaboration avec son mari, Floyd B. Odlum, qu'elle a épousé en 1936, est publiée en 1954.

Jacqueline Cochran et Chuck Yeager

Photographie : Jacqueline Cochran et Chuck Yeager

Si une solide amitié unit ces deux aviateurs, ils ont également en commun d'être les premiers à avoir franchi le mythique mur du son : Charles Yeager (dit « Chuck »), pour les hommes, le 14 octobre 1947, à bord du Bell XS-1 ; Jacqueline Cochran, pour les femmes, le 18 mai 1953,... 

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De 1958 à 1960, elle est la première femme présidente de la Fédération aéronautique internationale. Simultanément, elle est membre d'un grand nombre d'organismes d'aviation et de services qui lui sont associés.

Jacqueline Cochran continue à battre ses propres records et à en établir de nouveaux, avec notamment, en 1961, un vol à une altitude de 16 841 mètres. Le 11 mai 1964, aux commandes d'un F-104G, elle reprend le record du monde de vitesse féminin sur base de 15/25 kilomètres, détenu alors par Jacqueline Auriol depuis le 14 juin 1963 (2 038,70 km/h), en volant à 2 300,23 km/h. D’autres performances suivent : le 1er juin 1964, elle s’octroie le record de vitesse sur circuit fermé de 100 kilomètres avec 2 097,26 km/h, puis, le 3 juin, ajoute à son palmarès le record de vitesse sur circuit fermé de 500 kilomètres avec 1 814,36 km/h. Détentrice du plus grand nombre de records de vitesse, de distance et d'altitude, elle est promue au grade de colonel de réserve en 1969, avant de prendre sa retraite de l’armée l'année suivante. Elle poursuit sa carrière à la NASA, où elle intervient comme conseillère.

Elle décède le 9 août 1980 à Indio (Californie).

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Écrit par :

  • : historien de l'aviation, membre de l'Académie de l'air et de l'espace

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AURIOL JACQUELINE (1917-2000)

  • Écrit par 
  • Bernard MARCK
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Première femme à franchir le mur du son en Europe, la Française Jacqueline Auriol, rivale et amie de l’Américaine Jacqueline Cochran, a été l’une des grandes aviatrices du xx e  siècle. Née Douet à Challans (Vendée) le 5 novembre 1917, Jacqueline Auriol est brevetée pilote de tourisme en 1948. Bru du président Vincent Auriol, elle prend goût à sa nouvelle vie jusqu'à ce terrible accident du 11 jui […] Lire la suite

Pour citer l’article

Bernard MARCK, « COCHRAN JACQUELINE - (1910-1980) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jacqueline-cochran/