ALFVÉN HUGO (1872-1960)

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Hugo Alfvén est l'un des compositeurs suédois les plus populaires dans son pays d'origine. Ses quatre-vingt-huit ans de vie lui ont permis d'enrichir de plus de deux cents œuvres le répertoire musical scandinave. Celles-ci sont cependant tellement enracinées dans le tempérament suédois qu'elles n'ont pas immédiatement rencontré l'audience internationale qu'elles méritaient.

Hugo Alfvén

Photographie : Hugo Alfvén

Le compositeur suédois Hugo Alfvén (1872-1960) dirige un orchestre en 1933. 

Crédits : Sasha/ Hulton Archive/ Getty Images

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Violoniste de formation (il jouera deux ans, de 1890 à 1892, au sein de l'orchestre de l'Opéra de Stockholm avant d'entreprendre sa carrière de compositeur), Alfvén a étudié la peinture parallèlement à la musique. Ses productions dans les deux domaines témoignent d'un exceptionnel talent de coloriste. Alfvén a été particulièrement prolixe dans le domaine de la musique vocale. Lui-même chef du chœur du Siljan — un regroupement de chœurs religieux et laïques de la région de Dalarna — de 1904 à 1957, il s'est fait connaître à l'étranger en donnant des concerts à la tête de l'Orphéi Drängar (formation chorale qu'il a dirigée de 1910 à 1947 et qui a contribué à la réputation internationale incontestable des chœurs et solistes vocaux originaires de Suède). Dans le même temps, de 1910 à 1939, Alfvén a assuré la direction de la musique à l'université d'Uppsala. Dès sa première symphonie (composée en 1897), Alfvén se situe dans une mouvance post-brahmsienne qui n'échappe pas à l'impressionnisme du tournant de siècle et témoigne d'une vitalité d'écriture qu'un Richard Strauss n'aurait pas reniée. Mais autant Strauss était antireligieux, autant Alfvén témoigne d'un tempérament chrétien émerveillé par la création, tout entier tourné vers l'extérieur et la beauté du monde. Son Herrans bön (La Prière du Seigneur), cantate pour soli, chœur et orchestre commencée en 1899 sur un îlot du merveilleux archipel de Stockholm et achevée à Rome en avril 1901, est là pour nous le rappeler. Cette « prière » intervient après la Deuxième Symphonie (1897-1898) — elle aussi composée depuis l'archipel —, qui se déploie sur quatre mouvements comme une immense vague chargée d'écume : cette œuvre reste une des plus belles musiques nordiques jamais composées. En 1903, avec son Midsommarvaka (traduit par Nuit de la Saint-Jean et répertorié sous l'intitulé de Rhapsodie suédoise no 1), Alfvén signe son passage à la postérité. Cette œuvre d'atmosphère riche en couleurs lui assurera la célébrité hors des frontières nationales. En 1904, il retourne à la magie maritime avec le poème symphonique En skågårdssägen (La Légende de l'archipel) tandis que la Troisième Symphonie (écrite pendant l'été de 1905 en Italie, en pleine période d'exaltation amoureuse) ensoleille son répertoire par une prédominance de bois chatoyants et de cuivres éclatants : chez Alfvén, la recherche des timbres atteint ici un sommet. Après la secousse de la Première Guerre mondiale, la Quatrième Symphonie dévoile une sensualité impressionniste sensée représenter, à travers l'affrontement de la mer et des rochers, l'amour entre deux êtres humains : écrite pour soprano, ténor et orchestre, elle porte le sous-titre « Från havsbandet » (Depuis les contours de l'archipel). En 1931, la Dalarapsodi (Rhapsodie de Dalécarlie, connue sous le nom de Rhapsodie suédoise no 3) porte l'empreinte du terroir et emprunte aux musiques traditionnelles (comme le faisait déjà le ballet Bergakungen — Le Roi de la montagne — composé de 1916 à 1923). La suite Gustav Adolf de 1932 ramène à un style académique puissant auquel se rattachera aussi le Festspel (Ouverture de fête) de 1944. La Cinquième Symphonie (ébauchée entre 1942 et 1953) restera inachevée. Parallèlement à toutes ses œuvres symphoniques, Alfvén a mis beaucoup de son cœur dans des œuvres vocales aussi diverses que des chants religieux, des berceuses ou des chants militaires, très appréciés en Suède. Maître de la musique à programme, sa renommée reste indissociable de celle du merveilleux archipel de Stockholm qui l'a si souvent inspiré. À Stockholm, une fondation Hugo-Alfvén perpétue sa mémoire.

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Écrit par :

  • : maître en lettres modernes et linguistique générale, chargé de cours à la faculté des lettres et sciences humaines d'Aix-en-Provence, producteur à Radio-France, directeur antenne musique, Radio France Internationale

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Michel VINCENT, « ALFVÉN HUGO - (1872-1960) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hugo-alfven/