HUANGDI NEIJING [HOUANG-TI NEI-KING]

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Classique de la médecine interne attribué à l'empereur Jaune (Huangdi), le Huangdi neijing est le plus ancien manuel de médecine chinoise, qui a servi de base théorique à tous les développements ultérieurs de la médecine en Chine.

L'édition actuelle, en vingt-quatre chapitres, est celle du principal commentateur de l'ouvrage, Wang Bing, de la dynastie des Tang ; sa préface est datée de 762. Le titre, toutefois, apparaît déjà dans l'Histoire des Han antérieurs (de ~ 206 à 23), et il semble certain que la majeure partie du texte remonte à cette époque.

Depuis le iie siècle, on a l'habitude d'ajouter au titre original de cet ouvrage les deux caractères Suwen, « question simple ». L'ouvrage, en effet, se présente sous la forme d'un dialogue entre l'empereur Jaune et son ministre Qi Bo : le premier pose généralement des questions et le second donne des réponses qui sont en réalité de longs développements. Ainsi, loin d'être un manuel de médecine et de symptomatologie, ce livre est bien plutôt un traité dans lequel toute la cosmologie, la philosophie et la morale chinoises sont abordées en relation avec la thérapeutique. Ces développements théoriques ont été élaborés par les philosophes confucianistes des Han et reposent sur les catégories du yin et du yang, les deux éléments antithétiques, et sur leurs degrés intermédiaires. À tout cela s'ajoutent les cinq éléments et les symboles numériques correspondants, ainsi que l'homologie entre ces derniers et les parties du corps (notamment les cinq viscères), les saisons, les saveurs, etc.

C'est essentiellement à partir de l'examen du pouls que l'on établit le diagnostic. Ce système, extrêmement complexe et subtil, fondé sur un écart infime — de l'ordre du millimètre — et sur une typologie très élaborée des pulsations, conduit à déterminer l'origine et la nature du mal dans toutes les parties du corps. La thérapeutique proposée est essentiellement diététique, mais le Huangdi neijing contient aussi des références nombreuses à l'acuponcture et au moxa, qui, à l'époque des Han, étaient déjà des procédés thérapeutiques très largement utilisés.

—  Kristofer SCHIPPER

Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section, sciences religieuses)

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CHINOISE (CIVILISATION) - La médecine en Chine

  • Écrit par 
  • Florence BRETELLE-ESTABLET
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Dans le chapitre « Le diagnostic : voir, écouter-sentir, interroger et ausculter »  : […] En vertu de l'idée que toutes les parties enfouies et invisibles du corps correspondent à des parties externes, visibles – les organes sensoriels, la couleur et la texture de la peau, les parties du visage  –, l'observation médicale s'est développée sur un mode holistique, ne s'attachant pas au symptôme, détail isolé et manifestation localisée dan […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chinoise-civilisation-la-medecine-en-chine/#i_48517

Pour citer l’article

Kristofer SCHIPPER, « HUANGDI NEIJING [HOUANG-TI NEI-KING] », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/huangdi-neijing-houang-ti-nei-king/