MAXIM HIRAM (1840-1916)

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Inventeur aux multiples talents, le Britannique d’origine américaine Hiram Stevens Maxim est surtout connu pour la mitrailleuse qui porte son nom, beaucoup moins, pour les aéroplanes dont il reste pourtant l’un des plus grands précurseurs.

Issu d’une famille très modeste, Hiram Stevens Maxim est né le 5 février 1840 à Brockway’s Mills, près de Sangerville, dans le Maine (États-Unis). Dès 1854, il exerce divers métiers, notamment chez son oncle, propriétaire d’une usine de mécanique à Fitchburg, dans le Massachusetts. Il y acquiert une habileté peu commune, doué à la fois pour le dessin industriel, le tournage du bois ou le travail du cuivre et du laiton. Il devient rapidement ingénieur, capable de concevoir des outils et, bientôt, des bateaux.

Au début des années 1870, il crée des systèmes électriques qui assurent son aisance financière. En tant que cofondateur, avec Edward Weston, de la société United States Electric Lighting Company, à New York, il apporte de nombreux perfectionnements à la fabrication de lampes à filament de carbone. En 1881, après avoir parcouru l’Europe, il s’installe en Angleterre où il met au point en 1884 la mitrailleuse Maxim, une arme automatique dévastatrice, qui va générer d’énormes profits. Toutefois, ce n’est qu’en 1894 qu’il créera la Maxim Nordenfelt Guns and Ammunition Company, qui deviendra, sous le nom de Vickers, une des plus importantes sociétés d’armement.

Dans l’intervalle, à partir de 1889, cet inventeur s’oriente vers le plus lourd que l’air, un sujet qui le passionne depuis son adolescence : il avait seize ans, en effet, quand son père dessina un hélicoptère birotor qu’il ne put construire, faute de disposer d’un moteur assez léger et puissant. Dans la vaste propriété de Baldwyn Park qu’il loue dans le Kent, Hiram Maxim aménage des ateliers et une piste d’essai à deux niveaux, longue de 550 mètres : le palier inférieur, formé de rails d’acier, joue le rôle de piste de roulement et doit empêcher le prototype de quitter son rail d’essai ; dans le cas où la machine s’élèverait de quelques centimètres, un second jeu de roues plus petites doit alors s’engager dans des rails de protection en bois – le palier supérieur – et replacer l’appareil sur son plan initial. Maxim a conçu ce système aussi étonnant qu’ingénieux car il ignore tout du comportement de sa machine, redoutant qu’elle s’écrase dès le premier essai. Prudent, il entend donc en étudier sans risque les réactions avant de passer au vol libre. Pas question pour l’instant de décoller, du moins au-delà des soixante centimètres qui séparent les deux niveaux de la piste d’essai.

Maxim étudie des profils d’ailes et des hélices, et dessine les plans de divers types d’aéroplanes, dotés de moteurs légers conçus sur le modèle de la chaudière de Serpollet. Selon ses calculs, ces machines volantes devraient atteindre une vitesse proche de 160 kilomètres/heure. Sans tarder, il entreprend les essais, en 1894, avec un grand biplan de 32 mètres d’envergure équipé de deux moteurs à vapeur de 180 chevaux chacun pour entraîner des hélices propulsives de 5,5 mètres de diamètre. Deux gouvernails de profondeur, installés à l’avant et à l’arrière, doivent assurer la stabilité. De même, des panneaux d’aile en dièdre confèrent à l’appareil une surface portante totale de 360 mètres carrés. Le poids, y compris celui de trois hommes d’équipage, atteint environ 2,6 tonnes. Au cours d’une première expérimentation, relatée par le journaliste H. J. W. Dam alors présent, le gigantesque engin « vola sur les 550 mètres de piste en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ». En réalité, il s’est légèrement soulevé plus qu’il n’a volé.

Cependant, lors de la troisième et dernière tentative de lancement, le 31 juillet 1894, les rails d’acier, sur lesquels repose et évolue l’imposante machine, sont littéralement soulevés par elle, et le rail supérieur de protection se rompt, tandis que la vitesse de l’engin dépasse les 67 kilomètres/heure. Libéré, l’appareil « flotte dans les airs », selon l’expression employée par Maxim, mais à la suite de la projection d’un éclat de bois dans une hélice, l’inventeur, alors aux commandes, coupe l’alimentation de vapeur et la machine retombe lourdement sur le sol. Ce n’est pas à proprement parler un échec, puisque l’ingénieur vient de prouver qu’un moteur puissant est capable de soulever un appareil pourvu d’ailes fixes. Malgré l’incident, Hiram Maxim demeure confiant en l’avenir. Un an auparavant, il déclarait : « D’ici à dix [...]

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Écrit par :

  • : historien de l'aviation, membre de l'Académie de l'air et de l'espace

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Pour citer l’article

Bernard MARCK, « MAXIM HIRAM - (1840-1916) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hiram-maxim/